Grève contre les bourses

14 avril 2014 11:01; Act: 14.04.2014 21:27 Print

Les élèves pourront sécher pour faire grève

LUXEMBOURG - Le 25 avril, les élèves et étudiants descendront dans les rues pour manifester contre le nouveau système des bourses d'études. «L'essentiel» fait le point.

storybild

L'Union des étudiants du Luxembourg (UNEL) a appelé les élèves et les étudiants à manifester le vendredi 25 avril. (photo: Capture d'écran: streik.lu)

op Däitsch
Sur ce sujet
Une faute?

Après une e-pétition sur les bourses d'études, les tensions ont monté d'un cran, lundi matin, avec l'annonce d'une grève des élèves et des étudiants en date du 25 avril pour faire entendre les doléances sur la réforme.

Pourquoi y aura-t-il une grève?

Les étudiants se sentent lésés par le nouveau système des bourses d’études, annoncé par Claude Meisch, ministre de l'Éducation nationale et des Études supérieures (DP). Selon eux, ils auront droit à moins d'argent. «Les économies ne peuvent pas se faire sur le dos de l'éducation», a ainsi martelé l'Union des étudiant-e-s du Luxembourg (UNEL). «Cette mesure empêche des jeunes qui ont des difficultés financières de poursuivre les études», explique ainsi l'association des étudiants de l'Uni, LUS. Selon elle, le poids à subir serait d'autant plus important pour les familles nombreuses. «Nous n'accepterons pas que le gouvernement veuille nous lancer dans une bataille concurrentielle avec nos frères et sœurs», souligne le collectif Richtung22.

Qu’est-ce qui a changé dans le système d’allocation des bourses?

Le nouveau système des bourses, dont l’introduction est prévue en septembre 2014, prévoit une bourse de base de 2 000 euros par an. À ce montant se rajouteront 2 000 euros pour les élèves qui iront étudier à l'étranger et 2 500 euros pour les étudiants dont le revenu des parents est inférieur à 4,5 fois le salaire social minimum non qualifié. Tous les élèves auront droit à un prêt étudiant à hauteur de 6 500 euros. Les frais d'inscription pourront également être remboursés à concurrence de 3 700 euros, la moitié en bourse, et la moitié en prêt. Une aide supplémentaire de 1 000 euros pourra dans certains cas être allouée aux personnes en précarité sociale.

Combien d’argent les étudiants reçoivent-ils actuellement pour leurs études?

Dans le système des bourses actuel, introduit en 2010 par François Biltgen (CSV), chaque étudiant se voit accorder tous les ans une bourse de 6 500 euros, non remboursable, cumulable d'un prêt du même montant, remboursable dans les dix ans après obtention du diplôme. Les frais d'inscription peuvent également être remboursés à concurrence de 3 700 euros, dont la moitié sous forme de prêt.

Pourquoi le système a-t-il changé?

La Cour de justice de l'UE a jugé que le système de François Biltgen était discriminatoire envers les enfants des travailleurs frontaliers qui n'avaient pas droit aux bourses. Le système actuel n'étant alors plus tenable d'un point de vue financier, une révision était incontournable selon le gouvernement. Le nouveau système permet d’économiser près de 70 millions d’euros et tient compte de la nécessité d’assainir les finances publiques .

Quel est l’objectif de la grève?

Les associations des élèves exigent que le projet de loi soit révisé avant qu'il ne soit voté à la Chambre. Une idée que n'écarte pas l'actuel ministre de l'Éducation secondaire et des Études supérieures, Claude Meisch (DP). «Lorsque j’ai discuté avec les différentes associations des étudiants, je n’avais pas l’impression que l’opposition était si frontale, mais depuis les positions se sont durcies.

Qui organise la grève?

Cette manifestation est soutenue par de nombreuses organisations comme des syndicats, des groupes de jeunesses politiques (JSL, déi Jonk Lénk, JCL, Jonk Piraten, etc.), plusieurs comités d'élèves (UNEL, LUS) ou encore Richtung22.

Où et quand cette grève aura-t-elle lieu?

Le vendredi 25 avril, à partir de 10h. Le rendez-vous est donné en trois points dans Luxembourg-Ville, sur le parking du Glacis, à la gare et sur le campus «Geesseknäppchen». Les cortèges convergeront ensuite devant le ministère de l'Éducation et la Chambre des députés.

Combien y aura-t-il de participants?

L'UNEL table sur 5 000 manifestants par point de rassemblement, soit 15 000 au total.

Les élèves sont-ils dispensés des cours?

Contacté par L’essentiel, Claude Meisch a affirmé: «Je veillerais à ce que nous mettions en place un système qui autorise aux élèves de secondaire de s’absenter ce jour-là pour participer à la grève. Ils devront au préalable s’enregistrer sur une liste et leur absence sera alors excusée. C’est la procédure normale».

La grève, est-ce la bonne solution?

«Il est normal que des personnes qui semblent lésées puissent se manifester et je suis content lorsque des jeunes s’engagent, a expliqué Claude Meisch. En tant que ministre de l'Éducation, il n’est pas à moi de dire si une telle mesure de grève est justifiée ou pas. J’aurais aimé que nous puissions trouver une autre solution et ma porte est toujours ouverte». Pour les jeunes démocrates (JDL), la grève n'est cependant pas le moyen approprié. «Nous exhortons tous les participants à miser davantage sur le dialogue», écrivent-ils dans un communiqué.

(Laurence Bervard/ Kerstin Smirr/ L'essentiel)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

Les commentaires les plus populaires

  • Sonia le 25.04.2014 10:48 Report dénoncer ce commentaire

    Si je comprends bien, les bourses ont été réformées à cause des frontaliers..... vu le peu de formations supérieures offertes au Luxembourg, nos enfants doivent aller à l'étranger, pas le cas pour les de, fr, qui restent gratuit chez les parents. Il était donc normal de réserver ces bourses aux résidents. Encore un privilège de plus pour les frontaliers, au détriment des résidents.

  • Théo LU le 15.04.2014 08:16 Report dénoncer ce commentaire

    Les étudiants ont la vie belle et ne se privent de rien. Voiture, vacances, sorties, jusqu'à la chirurgie esthétique payée avec leur bourse..... Pour ceux qui étudient au Luxembourg, qui rentrent chaque jour chez leurs parents, les frais ne sont pas élevés. . C'est donc bien là preuve qu'ils ont trop. Je suis pour étudier chaque dossier au cas par cas. Et pousser les étudiants à travailler (job étudiant) au moins là, ils auront un plus à leur budget qu'ils auront mérité.

  • Philippe le 25.04.2014 10:36 Report dénoncer ce commentaire

    La grève est une action collective consistant en une cessation concertée du travail par les salariés d'une entreprise. En quoi les Lycéens ou étudiants prétendent t'ils à la grève ? Ils ne travaillent pas....ils n'ont donc pas droit de faire grève....non? De plus ,pour les mineurs....que font les parents ? Sont t'ils responsable ? Belle entrée dans la vie active et futur du travail...seriez-pas sponsorisés par les syndicats Français par hasard ???

Les derniers commentaires

  • travailleur le 25.04.2014 10:52 Report dénoncer ce commentaire

    C est pour moi incroyable de manifester contre une reforme qui vise a assainir les depenses publique. Je connais une personne qui a profité du systeme et ce n est qu a l age de 32ans qu il commence a travailler. tout l argent qu il a touché et sa carte de bus a 50eur par an vous pensez que qui a payé? C est les travailleurs, ceux qui se levent a 5h du matin pour faire un travail qui ne leur plait pas mais qui paye les factures. Pauvres etudiants comprenez que si on ne touche pas la ou la societe est trop généreuse, un jour c est vous qui payerai des impots et la tva encore plus hauts.

  • Sonia le 25.04.2014 10:48 Report dénoncer ce commentaire

    Si je comprends bien, les bourses ont été réformées à cause des frontaliers..... vu le peu de formations supérieures offertes au Luxembourg, nos enfants doivent aller à l'étranger, pas le cas pour les de, fr, qui restent gratuit chez les parents. Il était donc normal de réserver ces bourses aux résidents. Encore un privilège de plus pour les frontaliers, au détriment des résidents.

  • Philippe le 25.04.2014 10:36 Report dénoncer ce commentaire

    La grève est une action collective consistant en une cessation concertée du travail par les salariés d'une entreprise. En quoi les Lycéens ou étudiants prétendent t'ils à la grève ? Ils ne travaillent pas....ils n'ont donc pas droit de faire grève....non? De plus ,pour les mineurs....que font les parents ? Sont t'ils responsable ? Belle entrée dans la vie active et futur du travail...seriez-pas sponsorisés par les syndicats Français par hasard ???

    • Lilith le 25.04.2014 11:00 Report dénoncer ce commentaire

      C'est certain que le terme "grève" n'est pas approprié dans cet article car les étudiants "manifestent" et ne font pas grève. Personnellement, je suis fière que mes enfants mineurs manifestent également car, cher Philippe, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, nos chers politiciens nous "sucrent" petit à petit tout! C'est pour ma part dommange que les retraités p.ex. ne manifestent pas leur mécontentement, car à eux aussi, on a sucré quelques privilèges, et puis aussi aux salariés, qui doivent payer de plus en plus d'impôts!!!! bougez votre c** et arrêtez de faire des manières.

  • Théo LU le 15.04.2014 08:16 Report dénoncer ce commentaire

    Les étudiants ont la vie belle et ne se privent de rien. Voiture, vacances, sorties, jusqu'à la chirurgie esthétique payée avec leur bourse..... Pour ceux qui étudient au Luxembourg, qui rentrent chaque jour chez leurs parents, les frais ne sont pas élevés. . C'est donc bien là preuve qu'ils ont trop. Je suis pour étudier chaque dossier au cas par cas. Et pousser les étudiants à travailler (job étudiant) au moins là, ils auront un plus à leur budget qu'ils auront mérité.

    • Coeur révélateur le 15.04.2014 16:57 Report dénoncer ce commentaire

      une enquête concluait que le plus gros souci des jeunes était de ne pas pouvoir s'offrir le confort de vie chez leurs parents lorsqu'ils devront travailler. Alors autant rester étudiant. De plus en plus vivotent de job en job, sous infusion financière parentale. Les générations passées ont accumulé la propriété sans diplômes et les générations futurs accumulent les diplômes sans propriété. Il n'y a qu'un pas pour impatienter sur le dernier soupir qui permet de vivre sur l'héritage. Bientôt, on n'aura pas peur pour nos enfants, mais de nos enfants. Quel beau modèle économique et social.

  • Jean Limpertsberg le 14.04.2014 21:20 Report dénoncer ce commentaire

    La seule personne qui aime le changement est le bébé mouillé. Oublions nous que le pays traverse une crise très grave qui malheureusement va s'accentuer ? Cette grève semble plutôt être la prise de conscience par la jeunesse que pour elle aussi la fête est finie.