Pas très écolo

24 juin 2014 12:38; Act: 24.06.2014 14:37 Print

Un cadre de Greenpeace allait au travail en avion

LUXEMBOURG - Quelques jours après la découverte d'importantes pertes financières, l'un des responsables de l'organisation se trouve sous le feu des critiques sur sa gestion du bilan carbone…

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Selon les calculs du Daily Telegraph, les trajets de Pascal Husting entre Luxembourg et Amsterdam polluent à hauteur de 7,4 tonnes de Co² par an. (photo: AFP)

op Däitsch
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Défendre l'environnement et être en même temps à l'origine de la production de 7,4 tonnes de CO² par an. Voici la question qu'a soulevé, lundi, The Daily Telegraph à l'encontre de Pascal Husting, n° 2 mondial de l'organisation écologique. Basé à Luxembourg, l'homme se rend deux fois par mois à Amsterdam où se trouvent ses bureaux. Un trajet qu'il effectue en avion depuis ses prises de fonction, il y a deux ans. Selon les calculs du quotidien britannique, ces allers et retours à 250 euros pièce provoquent à chaque fois l'émission de 142 kg de dioxyde de carbone. Soit 7,4 tonnes sur un an, l'équivalent de la consommation de 17 barils de pétrole.

Des accusations minimisées par Philippe Schockweiller de Greenpeace Luxembourg, contacté mardi par L'essentiel. «Je pense que nous avons des problèmes plus graves. Bien sûr, la situation n'est pas idéale. Mais en tant que manager, prendre l'avion est une nécessité, en particulier au Luxembourg où la connexion aux réseaux de transports publics avec les pays voisins, malheureusement, n'est pas aussi développée». Une position également défendue par Pascal Husting qui assure que «même si vous passez la moitié de votre vie sur Skype, vous devez voir de temps en temps en personne vos équipes. C'est pourquoi je prends l'avion vers Amsterdam». Dès septembre, le manager s'est engagé à réduire son bilan carbone en prenant le train, une fois par mois. Soit 12 heures de trajet.

Cette polémique intervient quelques jours après l'annonce officielle de la perte de 3,8 millions d'euros de dons. Une «grave erreur de jugement» d'un employé qui a «gravement nui à l'image de Greenpeace», assure Philippe Schockweiller. Au Luxembourg, l'ONG est soutenue par quelque 10 000 donateurs qui ont versé, en 2013, quelque 900 000 euros. Aucun des dons effectués au Grand-Duché n'aurait été concerné par la bourde financière de Greenpeace, assure le porte-parole de l'organisation au Luxembourg.

(JT/L'essentiel)