Selon les météorologues
07 février 2012 14:56; Act: 07.02.2012 15:17 Print
«Cette vague de froid n'a rien d'inhabituel»
Les basses températures actuelles, bien qu'intenses, ne sont pas rares dans l'hémisphère nord en hiver, a affirmé mardi un membre de l'Organisation météorologique mondiale (OMM).
L'afflux d'air polaire vers l'Europe est dû à un anticyclone sur la Sibérie qui s'est constitué dans la dernière semaine de janvier et s'est étendu graduellement. Ce système «bloquant» empêche les températures plus douces et les perturbations maritimes de gagner le continent depuis l'ouest comme elle le font habituellement de décembre à fin février.
Diaporama Vague de froid en EuropeCombiné à un fort courant humide en provenance de Méditerranée, il a aussi entraîné des chutes de neige très importantes autour de cette mer. Un système similaire est responsable de l'hiver froid 2009/2010, relève l'OMM. Les températures mesurées ces derniers jours sur le continent, bien que très rigoureuses, ne constituent pas des records, ajoute-t-elle. Par contraste, le phénomène a eu pour conséquence d'entraîner de l'air doux de l'Atlantique vers l'Islande et la région arctique. À Svalbard (Spitzberg), le thermomètre a atteint plusieurs fois les 5 degrés Celsius ces derniers jours, soit plus qu'à Milan ou Istanbul. La majeure partie de l'Amérique du Nord a aussi été inhabituellement tempérée.
«Il s'agit d'un épisode restreint dans le temps»
Selon l'OMM, le phénomène actuel serait au moins partiellement imputable à l'«oscillation arctique», soit la différence de pression entre les régions polaires et les zones de moyenne latitude, où vit la majeure partie de la population européenne. Cette oscillation serait actuellement «négative», ce qui favorise des conditions froides en Europe et relativement douces sur l'Arctique. Le phénomène s'est répété plusieurs fois ces dernières décennies, et notamment durant les cinq dernières années, a relevé M. Baddour.
Il ne remet aucunement en question la thèse du réchauffement climatique, a-t-il souligné. «Il s'agit d'un épisode restreint dans le temps et l'hiver avait auparavant été très doux». On ignore si le phénomène est appelé à devenir fréquent à l'avenir, a-t-il ajouté. Mais la fonte des pôles, en changeant la salinité de l'océan et le régime du Gulf Stream, pourrait paradoxalement conduire à des hivers plus froids en Europe. Cette théorie demande toutefois encore à être vérifiée, a précisé M. Baddour.
(L'essentiel Online/ats)






















auteur: Pragma le: 07.02.2012 17:39