Au Moyen-Orient

14 août 2019 17:18; Act: 14.08.2019 17:32 Print

«L'EI est bien vivant et en bonne santé»

Des rapports publiés par l'ONU et le Pentagone affirment que le groupe État islamique est toujours actif et qu'il dispose de milliers de combattants.

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L'ONU estime que «l'EI s'adapte, se consolide et crée les conditions d'une éventuelle résurgence». (Photo d'illustration)

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Le groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie n'a pas été vraiment vaincu et sa résurgence, sous cette appellation ou une autre, n'est qu'une question de temps, préviennent officiels et experts. Contredisant l'affirmation du président Donald Trump selon laquelle l'organisation djihadiste avait été défaite, de récents rapports de groupes de réflexion des Nations unies mais aussi du Pentagone décrivent une organisation, certes privée d'assise territoriale et passée dans la clandestinité, mais toujours active, disposant de milliers de combattants, de millions de dollars et d'un réseau de propagande et de soutien mondial.

Dans un rapport intitulé «Ne parlez pas d'un retour : la persistance de l'État islamique», le cabinet d'analyse Soufan Center estime que «l'EI est bien vivant et en bonne santé en Irak et en Syrie». «Il est clair que l'EI est en mesure de maintenir son insurrection dans un avenir prévisible», écrit le Soufan Center. «Il n'est pas question de son retour en Irak et en Syrie : le groupe et ses membres n'en sont jamais partis». La perte progressive des territoires qu'il contrôlait, face à une coalition internationale surpuissante, ne s'est pas accompagnée d'une fuite ou d'une démobilisation de ses combattants mais d'une dispersion, d'un passage à la clandestinité favorisés par la mauvaise gouvernance des zones libérées, le retrait partiel des forces américaines et les dissensions au sein de ses adversaires.

L'EI aurait repris ses activités en Syrie

Dans un rapport rendu public mardi, l'Inspecteur général du Pentagone estime que «même s'il a perdu son califat territorial, l'EI a renforcé ses capacités insurrectionnelles en Irak et a repris ses activités en Syrie ce trimestre». L'EI a pu «regrouper et soutenir des opérations» dans ces deux pays en partie parce que les forces locales «restent incapables de maintenir des opérations à long terme, de conduire des opérations simultanément, ou de garder le territoire qu'elles ont libéré», ajoute-t-il. Dans un rapport datant de la mi-juillet, le Conseil de sécurité de l'ONU estime lui aussi que «l'EI s'adapte, se consolide et crée les conditions d'une éventuelle résurgence dans ses bastions en Irak et en Syrie». «Le processus est plus avancé en Irak, où son chef Abou Bakr al-Baghdadi et la plupart de ses dirigeants sont désormais basés», ajoutent les experts des Nations unies.

Il y a en Irak comme en Syrie des zones grises, mal contrôlées par les autorités dans lesquelles des cellules de l'EI ont pu se reconstituer, notent les auteurs de ces rapports. Ailleurs, des cellules clandestines ont recours aux assassinats ciblés, aux attentats, aux embuscades, au racket, aux menaces pour affaiblir leurs ennemis. Une campagne de mise à feu des récoltes s'est déroulée cet été dans plusieurs régions, afin de miner l'autorité des pouvoirs locaux et de démontrer leur incapacité à contrôler et reconstruire les zones ravagées par la guerre.

(L'essentiel/afp)