Gestion à Fukushima

26 juillet 2013 09:42; Act: 26.07.2013 11:46 Print

«Vous ne savez pas ce que vous faites»

Tepco, la compagnie qui gère la centrale nucléaire de Fukushima, a été très vivement tancée ce vendredi par des experts étrangers pour sa communication minable.

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Tepco tancée par des experts étrangers pour sa communication minable. (photo: AFP)

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«Une telle communication est très mauvaise. Cela montre que vous ne savez pas ce que vous faites», a lancé vendredi, à Tepco, un expert américain de l'énergie atomique membre d'un comité de la compagnie d'électricité pour la «réforme de l'activité nucléaire», panel qui s'intéresse notamment à l'accident de Fukushima. Dale Klein, ancien président de la Commission de régulation nucléaire des États-Unis, a vertement critiqué les responsables de Tokyo Electric Power (Tepco) pour avoir mis des semaines avant de reconnaître que de l'eau hautement radioactive s'écoulait dans l'océan Pacifique qui borde la centrale de Fukushima ravagée par le tsunami du 11 mars 2011.

«Cette façon de faire (concernant la gestion de l'eau contaminée) démontre des lacunes de prise de décision», a tancé ce spécialiste qui préside le comité mis en place par Tepco pour l'aider à gérer la crise. «Il semble aussi que vous n'ayez pas tenu les Japonais informés», s'est-il agacé, répétant lors d'une conférence de presse les propos tenus plus tôt, vendredi matin, devant la direction de Tepco.

Le patron de Tepco honteux

La compagnie a fini lundi dernier par avouer que de l'eau souterraine pleine de tritium, strontium, césium et autres éléments radioactifs ne stagnait pas sous terre, comme prétendu pendant des semaines, mais descendait jusqu'à l'océan. Tout en s'excusant une énième fois «pour l'accident de Fukushima qui a causé des soucis et dommages à la population», le patron de Tepco, Naomi Hirose, a reconnu qu'il y avait eu «plusieurs occasions auparavant de soupçonner une fuite de l'eau contaminée dans la mer», mais que la décision d'annoncer cette possibilité n'a été prise qu'une fois de nombreuses données accumulées et analysées.

«Je pense honteusement qu'on aurait pu le dire plus tôt», a-t-il dit. Il a toutefois affirmé que le fait que l'aveu ait eu lieu au lendemain d'élections sénatoriales remportées par le parti pro-nucléaire du Premier ministre, Shinzo Abe n'était qu'un fâcheux concours de circonstances. «Nous n'avons pas eu la volonté de reporter l'annonce après le scrutin, contrairement à ce que pensent certains», a assuré M. Hirose. Les autres membres du comité ont également sévèrement mis en cause la façon d'agir de Tepco en laquelle le public n'a nullement confiance.

Améliorer la communication

«La communication sur l'eau contaminée a été mauvaise et lente, mais Tepco doit à l'avenir être vigilante sur sa façon de tenir la population informée, car il est à prévoir que d'autres problèmes techniques auront lieu, le démantèlement étant une tâche très complexe qui prendra du temps», a déclaré Barbara Judge, présidente de l'autorité nucléaire britannique. Et d'ajouter: «Une communication améliorée est indispensable pour recouvrer la confiance».

Pour Masafumi Sakurai, un membre japonais du comité de suivi, la tactique, erronée, de Tepco a toujours été «tant qu'on n'a pas complètement vérifié on ne peut pas annoncer». «Mais tout en sachant (que l'eau fuyait probablement en mer) cela n'a pas été annoncé assez tôt».

(L'essentiel Online/AFP)