En Allemagne

25 juillet 2016 16:02; Act: 25.07.2016 17:47 Print

Le réfugié kamikaze avait fait allégeance à l'EI

Un nouvel attentat a frappé le sud de l'Allemagne, dimanche soir. Un Syrien de 27 ans s'est fait exploser devant un restaurant, faisant plusieurs blessés.

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Un réfugié syrien s'est fait exploser dimanche soir à Ansbach, en Allemagne, faisant plusieurs blessés.

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Au moins 12 personnes ont été blessées, dont trois grièvement, dimanche soir, dans une détonation à Ansbach, au sud de Nuremberg. L'auteur présumé qui est mort lors de l'explosion est un ressortissant syrien de 27 ans dont la demande d'asile avait été refusée. Dans l'après-midi, on apprenait qu'il avait «fait allégeance» au groupe jihadiste État islamique (EI) d'après une vidéo retrouvée sur son téléphone portable, a annoncé lundi le ministre bavarois de l'Intérieur.

«Il a explicitement annoncé (agir) au nom d'Allah, a fait allégeance (au chef du groupe EI), Abou Bakr al-Bagdadi (...) et annoncé expressément une vengeance contre les Allemands qui se mettent en travers de la voie de l'islam», a déclaré Joachim Hermann, s'appuyant sur une première traduction de cette vidéo en arabe, au lendemain de cet attentat à la bombe qui a fait 15 blessés et tué son auteur. «Il s'agit malheureusement d'un nouvel attentat terrible, qui à coup sûr accroît l'inquiétude des gens», a déclaré à la presse le ministre de l'Intérieur de Bavière, Joachim Herrmann, venu sur les lieux de l'explosion, la ville d'Ansbach (sud). Selon lui, il n'est pas encore clair, si l'homme a agi dans le but de se suicider ou s'il souhaitait «emporter d'autres personnes dans sa mort».

Expulsé vers la Bulgarie

Les prochains jours seront dédiés à clarifier ses motivations. La quantité d'explosifs retrouvée dans son sac à dos aurait cependant pu tuer bien plus de personnes, a-t-il souligné. M. Herrmann n'a «pas exclu» la piste islamiste. Le directeur adjoint de la police d'Ansbach, Roman Fertinger, a parlé d'«indices» selon lesquels des pièces de métal ont été ajoutées à l'explosif.

La demande d'asile du jeune homme, entré il y a deux ans en Allemagne, a été rejetée il y a un an, ont indiqué les autorités. Il devait être expulsé vers la Bulgarie. «Les Syriens ne peuvent pas être renvoyés en Syrie pour le moment, mais cela ne signifie pas qu'ils ne peuvent pas être expulsés», a dit le porte-parole du ministère allemand de l'Intérieur, Tobias Plate, lors d'un point de presse.

Pas de billet

Dimanche, l'homme s'était vu refuser l'entrée du festival de musique en plein air d'Ansbach qui se tenait dans la ville, car il n'avait pas de ticket d'entrée. Les plus de 2 000 personnes rassemblées pour l'événement ont été évacuées juste après l'explosion. Tôt lundi matin, une large zone autour de l'explosion était toujours fermée. La bombe a détoné peu après, vers 22h, devant un restaurant du centre-ville, à proximité immédiate du festival. Une large zone autour du site était toujours fermée tôt lundi matin. Le suspect vivait à Ansbach. Il a déjà tenté par deux fois de s'ôter la vie et a fait un séjour en clinique psychiatrique pour cette raison, a ajouté le ministre. Il est arrivé en Allemagne il y a deux ans et sa demande d'asile a été rejetée une année après.

Cet attentat survient à un moment où le pays est sous haute tension après une série de tragédies. C'est aussi la troisième fois en une semaine que l’État régional de Bavière est frappé par un drame. Vendredi soir, un jeune homme de 18 ans souffrant également de troubles psychiatriques, obsédé par les tueries de masse mais a priori sans lien avec le djihadisme, a tué neuf personnes à Munich et en a blessé grièvement 11 autres lors d'une fusillade.

Éviter tout amalgame

Le 18 juillet, un demandeur d'asile se disant de nationalité afghane avait déjà blessé à la hache cinq personnes dans un train à Würzburg, lors d'une attaque revendiquée par le groupe djihadiste État islamique. Enfin, non loin de la Bavière, un demandeur d'asile syrien de 21 ans a tué dimanche à la machette une femme avec qui il venait de se disputer et a blessé trois autres personnes, dans une crise de rage a priori passionnelle, à Reutlingen, localité de 100 000 habitants proche de Stuttgart (sud-ouest).

Le gouvernement insiste pour éviter tout amalgame. Cette accumulation est toutefois de nature à redonner de l'ardeur aux opposants à la politique d'ouverture généreuse de la chancelière Angela Merkel à l'égard des réfugiés en 2015. Le ministre bavarois Joachim Hermann s'est dit inquiet que «le droit d'asile soit discrédité» par les événements d'Ansbach. La Bavière est à la fois la porte d'entrée en Allemagne des migrants et une région dirigée par les plus farouches détracteurs de l'ouverture aux réfugiés, le parti conservateur CSU. Ce dernier a réclamé à nouveau la semaine dernière un plafonnement de leur nombre en Allemagne.

(L'essentiel/nxp/20 minutes/afp)