Himalaya

03 février 2018 11:00; Act: 03.02.2018 20:15 Print

Pourquoi le second alpiniste n'a pas été sauvé

Tenter à tout prix d'atteindre le Polonais Mackiewicz, compagnon de cordée défunt de l'alpiniste française rescapée de l'Himalaya, aurait été «une erreur», ont estimé deux médecins.

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Les chances de trouver Tomek Mackiewicz vivant étaient «très faibles». (photo: Tomasz Urbanek)

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Le Dr Robert Szymczak, médecin de l'expédition polonaise du K2, dont font partie les deux alpinistes qui ont secouru Elisabeth Revol sur le Nanga Parbat (8 125 m), est revenu sur les raisons ayant poussé à la décision collective d'arrêter la tentative de sauvetage de Tomek, très affaibli à 7 200 m, pour se concentrer sur celui d'Elisabeth, rejointe à 6 300 m.

La «raison principale» a été «l'incapacité» de faire se poser un hélicoptère à 6 500 m avec une équipe dotée de bonbonnes d'oxygène et d'un brancard, seule option permettant d'envisager le sauvetage des deux grimpeurs. De fait, Denis Urubko et Adam Bielecki sont partis à pied et quand ils ont rejoint Elisabeth Revol, dans la nuit du samedi au dimanche, les prévisions météo annonçaient une forte dégradation, rendant «impossible» toute ascension au-delà de 6 500 m.

Décédé d'un épuisement généralisé

«Poursuivre le sauvetage» de Tomek «aurait été une erreur, car il aurait fallu qu'Elisabeth Revol poursuive sa descente seule (elle souffrait de gelures et de fatigue extrême après trois jours et deux nuits dehors, ndlr), cela aurait exposé l'équipe de secours à un danger de mort vu la météo et, d'un point de vue médical», les chances de trouver Tomek vivant étaient «très faibles», a estimé le Dr Szymczak.

Selon lui, «il est probablement décédé» d'un épuisement généralisé lié à la très haute altitude et «l'organisation d'une campagne de recherche n'est pas justifié pour le moment», compte tenu des risques.

Pour le Dr Frédéric Champly, qui assure la prise en charge d'Elisabeth Revol aux Hôpitaux du pays du Mont-Blanc et qui a recueilli auprès d'elle des précisions sur les troubles de Tomasz Mackiewicz, ce dernier est «très probablement mort dans les heures qui ont suivi (3,4,5 heures)» sa séparation d'avec la Française, vendredi dernier, «en s'endormant et sans souffrir du tout».

(L'essentiel/afp)