Iran

17 octobre 2013 17:28; Act: 17.10.2013 17:37 Print

Il survit à la pendaison: faut-​​il une 2e exécution?

Les juristes iraniens s'affrontaient jeudi dans les médias sur le cas d'un condamné à mort ayant survécu à son exécution et qui devrait, selon certains juges, être de nouveau exécuté.

Une faute?

Le condamné, âgé de 37 ans et identifié par son seul prénom Alireza, a été pendu à la prison de Bojnourd (nord-est) la semaine dernière, après avoir été reconnu coupable de trafic de drogue, selon le quotidien Iran.

Après avoir passé douze minutes au bout de la corde, il a été déclaré mort par le médecin de la prison, et son corps a été conduit à la morgue, raconte le journal. Mais le lendemain, un employé a remarqué que l'homme, enveloppé dans une housse mortuaire, respirait encore.

Transféré à l'hôpital, il reste toutefois sous la menace d'une nouvelle exécution, car certains juges estiment que la sentence n'a pas été appliquée entièrement. D'autres, en revanche, affirment qu'une nouvelle exécution serait illégale au regard de la loi.

«Quand quelqu'un est condamné à mort, il doit mourir après que la sentence a été appliquée. Là, il est vivant, on peut dire que la sentence n'a pas été appliquée», explique à«Iran le juge Nourollah Aziz-Mohammadi. Mais plusieurs juges et avocats ont réclamé au chef de l'Autorité judiciaire, l'ayatollah Sadegh Larijani, que l'homme soit épargné. «Notre loi ne prévoit pas le cas d'une personne qui survit à la pendaison après 24 heures. Puisque la sentence a été appliquée, il n'y a pas lieu de recommencer», affirme l'avocat Abdolsamad Khoramshahi.

Comparaison à la lapidation

Dans le quotidien Shargh, l'ex-juge Mohammad Hossein Shamlou évoque la lapidation, où «un condamné qui survit ne peut pas être de nouveau exécuté». Les condamnés à mort par lapidation sont épargnés s'ils sortent du trou où ils ont été enterrés, jusqu'à la taille pour les hommes et à la poitrine pour les femmes.

Dans un communiqué, Amnesty International a exhorté Téhéran à ne pas renvoyer le condamné au gibet, soulignant que la perspective d'une seconde exécution «souligne simplement la cruauté et l'inhumanité de la peine capitale». Selon Amnesty, au moins 508 personnes ont été exécutées depuis le début de l'année 2013.

En vertu de la charia (loi islamique) en vigueur en Iran, le meurtre, le viol, le vol à main armée, le trafic de drogue et l'adultère sont passibles de la peine capitale. L'Iran, avec la Chine, l'Arabie saoudite et les États-Unis, procède au plus grand nombre d'exécutions dans le monde. La République islamique estime que les exécutions sont essentielles pour le maintien de l'ordre et que ce type de sentence n'est appliqué qu'après un processus judiciaire approfondi.

(L'essentiel Online/AFP)