GRèCE

10 mai 2012 21:27; Act: 10.05.2012 21:33 Print

Vers un gouvernement pro-européen?

La Grèce a fait un premier pas vers la formation possible d'un gouvernement de coalition pro-européen, mais favorable à une renégociation de la feuille de route dictée au pays.

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Fotis Kouvelis s'est déclaré en faveur de la formation d'un «gouvernement œcuménique» dont le mandat irait «jusqu'aux élections européennes de 2014». (AP)

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«Nous avons fait un premier pas», a déclaré le dirigeant socialiste grec, Evangélos Vénizélos, après avoir rencontré Fotis Kouvelis, le chef du petit parti de gauche démocratique, Dimar. Le Dimar, qui dispose de 19 sièges de députés, clé possible d'une majorité absolue au Parlement en cas de ralliement des conservateurs de la Nouvelle Démocratie, s'est déclaré en faveur de la formation d'un «gouvernement œcuménique» dont le mandat irait «jusqu'aux élections européennes de 2014» et dont la mission serait de «maintenir le pays dans la zone euro», a affirmé M. Kouvelis.

La rencontre s'inscrivait dans le cadre des efforts de M. Vénizélos, dont le parti a été lourdement sanctionné par les législatives de dimanche, pour trouver un exécutif au pays, après les échecs successifs de son rival conservateur de la Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, et du chef de la gauche radicale du Syriza, Alexis Tsipras. Selon leurs déclarations, MM. Vénizélos et Kouvelis se sont accordés sur la nécessité de réviser les prescriptions du memorandum, la feuille de route de rigueur dictée au pays par l'UE et le FMI en échange de leur soutien financier. M. Vénizélos a parlé «d'un gouvernement d'union nationale», qui assurerait le «dépassement sous trois ans» du memorandum, tout en maintenant la Grèce dans la zone euro.

Obtenir l'aval de la Nouvelle Démocratie

M. Kouvelis, dont les députés pourraient permettre au Pasok (41 sièges) et à la Nouvelle Démocratie (108 députés) de franchir la barre de la majorité absolue (151 sièges) au Parlement, avait jusque-là manifesté sa préférence pour un gouvernement constitué par le parti de gauche radicale Syriza.

Pour que ces tractations débouchent effectivement sur un gouvernement, M. Vénizélos doit encore obtenir l'aval de la Nouvelle Démocratie, dont il rencontrera vendredi matin le chef Antonis Samaras. Il a aussi indiqué vouloir s'entretenir à nouveau avec Alexis Tsipras, le dirigeant du Syriza. M. Vénizélos a laissé entendre que la constitution d'un gouvernement devrait de toute façon attendre la convocation par le chef de l'État des chefs des partis parlementaires, dernière étape du processus prévu par la constitution. Une telle réunion pourrait intervenir après l'expiration du mandat exploratoire confié à M. Vénizélos, qui dispose encore de deux jours.

(L'essentiel Online/AFP)