Ghouta orientale

14 mars 2018 08:11; Act: 14.03.2018 10:28 Print

Les rescapés décrivent «l'enfer sur terre»

Environ 150 civils ont pu quitter l'enclave de la Ghouta, mardi, afin d'être soignés à Damas lors de la première évacuation de civils depuis le début de l'offensive.

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Selon les Nations Unies, plus de 1 000 personnes ont urgemment besoin d'être évacuées de l'enclave rebelle pour des raisons médicales. (photo: AFP)

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Après plus d'un an d'attente, Ratib a pu quitter mardi la partie rebelle de la Ghouta orientale pour recevoir à Damas un traitement médical qui, espère cet amputé, permettra de sauver sa dernière jambe. Il fait partie des quelque 150 personnes, des malades et des blessés, qui sont sorties du dernier bastion rebelle aux portes de Damas lors de la première évacuation de civils depuis le début, le 18 février, d'une offensive meurtrière du régime syrien.

Évacué de Douma, la plus grande ville du fief des insurgés, par le Croissant-Rouge syrien, Ratib, 56 ans, a fondu en larmes en atteignant le point de passage d'Al-Wafidine, à la jonction de Damas et de l'enclave rebelle. «Je viens me faire soigner à Damas avant que ma seconde jambe n'y passe aussi», dit-il, en essuyant ses larmes avec un mouchoir. Amputé de la jambe droite, Ratib attend depuis un an et demi de se faire soigner la jambe gauche.

125 000 enfants pris au piège

Ses trois filles et deux garçons sont toujours à Douma, toujours bombardée par le régime et où les «conditions de vie sont désastreuses». «Là, on vient de m'apporter un sandwich de falafel», raconte-t-il. «Cela faisait cinq ans que je n'avais pas senti l'odeur du tahini (NDLR: crème de sésame)...». Selon les Nations unies, plus de 1 000 personnes, principalement des femmes et des enfants, ont urgemment besoin d'être évacuées de l'enclave rebelle pour des raisons médicales.

Au point de passage d'Al-Wafidine, une journaliste raconte avoir vu des personnes évacuées rejoindre une zone de rassemblement improvisée dans une école. Ils portent plusieurs couches de manteaux d'hiver, comme s'ils avaient voulu partir avec le plus de vêtements possible. Abdo Tohmeh, 60 ans, accompagne son voisin, malade, dans la capitale. «C'est un miracle que nous ayons pu partir (de Douma), c'était l'enfer sur terre». Dans la cour de l'école, Fariza tient son petit-fils Mahrous sur ses genoux. Le bambin, rachitique, fait partie d'une dizaine de nouveau-nés malades ou malnutris rassemblés là.

Enveloppé dans une couverture rose et bleue sale, Mahrous a les yeux gonflés et une tête déformée. Un tube respiratoire sort de son nez. Il a souffert d'une méningite, explique Fariza, qui espère que le bébé pourra être soigné à Damas. La maman est restée à Douma. Quelque 125 000 enfants sont pris au piège dans la partie rebelle de la Ghouta orientale et beaucoup souffrent de malnutrition aiguë, selon Kate Gilmore, Haut-commissaire adjointe de l'ONU aux droits de l'homme.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Dejan le 14.03.2018 10:08 Report dénoncer ce commentaire

    Certes des combats féroces se déroulent en ce moment mais on ne peut pas nier une certaine forme de mise en scène en regardant ces photos. Un mode opératoire qui a fait ses preuves dans manipulation compassionnelle du citoyen lambda de base. Quant au texte de l'article je n'en parle même pas!

  • Realiste Man le 14.03.2018 08:13 Report dénoncer ce commentaire

    Il serait temps d'arrêter d'appeler ces terroristes des "rebelles"...C'est soi-disant "rebelles" empêchent les civils de partir afin de les grader comme bouclier humain!

  • Yann L le 14.03.2018 08:27 Report dénoncer ce commentaire

    Que les terroristes déposent les armes, libèrent les civils et se rendent. Ensuite ça sera fini.

Les derniers commentaires

  • Pragmatique le 14.03.2018 12:50 Report dénoncer ce commentaire

    On ne peut espérer de voir la fin de la guerre qu'à l'époque plus ou moins éloignée où tous les peuples seront groupés autour des mêmes lois, d'un même gouvernement, comme ils sont déjà réunis autour du même globe. Citation de Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855) Cela fait 24 siècles que nous savons que nous somme tous sur le même globe (Ératosthène), cela ne fait que 3 siècles que notre civilisation commence à l'accepter (Galilée), encore combien de siècles avant que nous nous en accommodions?

    • 20-100 le 14.03.2018 14:16 Report dénoncer ce commentaire

      Oui et les USA ont décidé qu'ils seraient les gouverneurs du monde, tous les autres seraient leur vassaux qui attraperaient les cacahuètes que le bon seigneur daignerait leur envoyer.

    • Pragmatique le 15.03.2018 08:54 Report dénoncer ce commentaire

      Oui, c'est d'ailleurs pour cela également que notre système ne fonctionne pas/plus, que ça ne tourne pas rond! Tant qu'une puissance économique et/ou culturelle essaiera d'imposer sa vision du monde à l'ensemble de la planète nous ne nous en sortirons pas. Il n'y a qu'une fois que nous tiendrons compte des besoins et aspirations de chacuns dans le respect des autres, bref, une forme d'équité généralisée, que nous pourrions trouver un équilibre. Pour le moment c'est la loi du "c'est moi le plus fort alors c'est moi qui dicte"

  • Dejan le 14.03.2018 10:08 Report dénoncer ce commentaire

    Certes des combats féroces se déroulent en ce moment mais on ne peut pas nier une certaine forme de mise en scène en regardant ces photos. Un mode opératoire qui a fait ses preuves dans manipulation compassionnelle du citoyen lambda de base. Quant au texte de l'article je n'en parle même pas!

    • evident le 14.03.2018 12:46 Report dénoncer ce commentaire

      on essaye toujours de nous apitoyer avec des enfants et quand on voit les refugiés qui arrivent ce sont de jeunes hommes qui feraient mieux de défendre leur pays

    • Henck le 14.03.2018 13:14 Report dénoncer ce commentaire

      bien sur évident, en lançant des cailloux ou du sable contre des blindés ?

  • torolkozo le 14.03.2018 10:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il serait temps aussi que la Russie arrête de soutenir un dictateur pire encore que son père, qui fait larguer des bombes sur sa population et lance à l'occasion aussi des attaques chimiques contre elle. Soutenir l'armée syrienne dans ce contexte est parfaitement honteux !

    • Toto trolo le 14.03.2018 10:58 Report dénoncer ce commentaire

      Laisser tomber Assad pour soutenir Al Quaida?

  • Mc Kron le 14.03.2018 09:34 Report dénoncer ce commentaire

    Le pire est que la presse instrumentalise toujours des images d'enfants blessés (tiens, il n'y avait pas une interdiction de montrer des enfants dans de telles conditions?) pour appuyer la thèse occidentale... une honte et il n'y a plus qu'à espérer que personne ne décide de frapper à nouveau les troupes régulières syriennes sinon c'est parti pour une guerre mondiale... merci qui? merci les USA qui vivent de la guerre!

  • plaje le 14.03.2018 09:09 Report dénoncer ce commentaire

    La guerre est terrible pour chaque 'civil' surtout. Mais l'objectivité oblige à reconnaître des torts à la fois au régime syrien en place et les medias s'en chargent largement, mais aussi aux rebelles, cruels au point de tirer sur les populations qui voudraient bien quitter leur zone. Cette prise d'otages par contre, reconnue par l'ONU est rarement signalée par le 'politiquement correct'...