Syrie

05 février 2020 22:34; Act: 05.02.2020 22:48 Print

«Les forces du régimes sont entrées à Saraqeb»

Poursuivant leur offensive contre les djihadistes dans la province d'Idleb, les troupes syriennes se sont emparées d'une ville stratégique mercredi.

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Malgré les menaces du président turc, les troupes du régime syrien ont continué leur progression mercredi dans la province d'Idleb, où elles mènent une offensive pour reconquérir l'ultime grand bastion dominé par les djihadistes et rebelles en Syrie. Elles se sont emparées d'une nouvelle ville-clé.

Djihadistes repliés

«Les forces du régime sont entrées à Saraqeb, après le retrait de centaines de combattants djihadistes et de factions alliées vers le nord de la ville», a dit l'OSDH, une ONG proche des rebelles.

«Les forces du régime ont commencé à ratisser les quartiers de Saraqeb et sont sur le point de prendre le contrôle de toute la route M5, où les djihadistes se sont repliés dans un petit village au nord de Saraqeb», a ajouté l'ONG.

Selon la télévision d'Etat syrienne, «les unités de l'armée arabe syrienne ont encerclé la ville de Saraqeb de trois côtés et surveillaient la jonction de la M4 avec la route M5». Saraqeb se trouve à la jonction de ces deux autoroutes clés que le régime cherche à reconquérir en vue de ressusciter une économie ravagée par près de neuf ans de guerre.

La voie M5 relie Alep, deuxième plus grande ville du pays et ancien poumon économique de la Syrie, à la capitale Damas, tandis que la M4 relie Alep à la ville côtière de Lattaquié. Il y a juste une semaine, les forces du régime appuyées par leur allié russe ont reconquis la ville clé de Maaret al-Noomane, traversée par la M5.

Plus de la moitié de la province d'Idleb et des secteurs attenants des provinces voisines d'Alep, Hama et Lattaquié, sont dominés par les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda).

Cette région de trois millions d'habitants abrite aussi d'autres groupuscules djihadistes et diverses factions de l'opposition armée affaiblies.

Ultimatum turc

Le pouvoir de Bachar el-Assad a lancé en décembre son opération dans la province d'Idleb et ses environs. Appuyées par des frappes aériennes meurtrières, les forces gouvernementales ont repris des dizaines de localités dans le secteur.

Un peu plus tôt, le président turc Recep Tayyip Erdogan a adressé un ultimatum au régime de son homologue syrien Bachar el-Assad pour qu'il recule dans le nord-ouest de la Syrie, après des affrontements inédits.

L'escalade entre la Turquie et le régime syrien après des échanges de tirs, qui ont fait plus de 20 morts lundi, risque de déstabiliser davantage la province d'Idleb, où la situation humanitaire est critique.

Le régime syrien, appuyé par l'aviation russe, a mis les bouchées doubles depuis décembre pour gagner du terrain à Idleb, allant jusqu'à encercler deux postes d'observation construits par Ankara dans le cadre d'un accord conclu en 2018 avec Moscou.

Mais les tensions sont montées d'un cran lundi lorsque l'artillerie du régime a visé des positions turques, faisant huit morts. Ankara a riposté par des bombardements, tuant au moins 13 soldats syriens.

«Deux de nos douze postes d'observation se trouvent derrière les lignes du régime. Nous espérons que le régime se retirera au-delà de nos postes d'observation avant la fin du mois de février. Si le régime ne se retire pas, la Turquie sera dans l'obligation de s'en charger», a déclaré M. Erdogan lors d'un discours à Ankara.

Tensions russo-turques

Depuis l'attaque du régime contre les forces turques lundi, M. Erdogan a plusieurs fois reproché à la Russie de ne pas faire assez pression sur le gouvernement de M. Assad. Mercredi, M. Erdogan a ainsi invité la Russie à «mieux comprendre nos sensibilités en Syrie».

Si l'affrontement turco-syrien a causé des turbulences dans les relations entre Ankara et Moscou, les analystes estiment que les deux pays, sauront éviter une crise ouverte.

(L'essentiel/afp)