Syrie

05 mars 2018 22:57; Act: 06.03.2018 10:27 Print

Livraison d'aides écourtée dans la Ghouta

Lundi, un convoi d'aide humanitaire a pu rejoindre la Ghouta orientale. Il a toutefois dû abréger les livraisons en raison des bombardements.

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Un convoi d'aide humanitaire entré lundi dans la partie rebelle de la Ghouta orientale a dû abréger ses livraisons en raison de bombardements du régime sur cette enclave. Les forces progouvernementales syriennes ont désormais repris plus du tiers de celle-ci. L'armée syrienne et ses alliés ont lancé il y a deux semaines dans ce secteur près de la capitale, où quelque 400 000 civils victimes de graves pénuries se terrent dans des sous-sols, une offensive afin d'en déloger les groupes rebelles. Les bombardements ont coûté la vie à plus de 740 personnes au total, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Les tirs se sont poursuivis lundi. Les forces pro régime ont continué «d'avancer dans l'est de l'enclave», menant des combats contre Faylaq al-Rahmane et Jaich al-Islam, les deux principaux groupes rebelles, a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. Pour la seule journée de lundi, au moins 73 civils ont été tués, selon l'ONG.

Livraison sous les bombes

C'est à Douma, grande ville de la Ghouta orientale, qu'un convoi humanitaire a pu entrer lundi, le premier à atteindre le secteur rebelle depuis le début, le 18 février, de l'offensive meurtrière des forces du régime, secondées par leur allié russe.

Le but de ces livraisons était de soulager environ 30 000 des 400 000 habitants de l'enclave. Mais le représentant en Syrie du Haut-Commissariat pour les réfugiés de l'ONU a affirmé lundi soir que le convoi avait dû se retirer après neuf heures de livraisons effectuées «en plein milieu des bombardements».

Un porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a de son côté déclaré que les autorités syriennes avaient bloqué 70% du matériel médical, notamment l'insuline et l'équipement de dialyse, transporté par la quarantaine de camions du convoi. Au total, l'ONU a reçu les autorisations nécessaires pour distribuer des aides pour «70 000 personnes». Un deuxième convoi est prévu jeudi.

Un tiers de l'enclave repris

Bachar el-Assad a promis dimanche de poursuivre l'offensive dans la Ghouta, où ses forces ont repris aux rebelles un tiers de l'enclave en deux semaines, d'après l'OSDH, 40%, selon la télévision syrienne. Les forces gouvernementales seraient sur le point de couper en deux l'enclave, assiégée depuis 2013. La perte de la région par les rebelles serait leur plus grande défaite depuis la victoire des gouvernementaux à Alep (nord-ouest) en décembre 2016. Ils ne pourraient plus pilonner la capitale, où leurs bombardements ont fait des dizaines de morts ces deux dernières semaines, selon les médias officiels.

«Mensonge ridicule»

Dimanche, Bachar el-Assad a affirmé que le désastre humanitaire évoqué par les Occidentaux dans la Ghouta était un «mensonge ridicule». Il a par ailleurs estimé que les accusations d'utilisation d'armes chimiques étaient un «prétexte» pour attaquer l'armée syrienne. La Russie, alliée de Damas, a également dénoncé devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève les «mensonges médiatiques» à propos de la Ghouta orientale.

Le Conseil des droits de l'homme a de son côté adopté une résolution, demandant l'ouverture d'une enquête sur le siège de l'enclave rebelle. Pendant ce temps dans l'enclave kurde d'Afrine, voisine de la Turquie, l'offensive turque continue. Au moins 19 civils, dont deux enfants, y ont été tués lundi, selon l'OSDH. De nombreux autres ont été blessés.

(L'essentiel/nxp/ats)