Aux Philippines

13 septembre 2017 10:18; Act: 13.09.2017 11:43 Print

Un budget pour les droits de l'homme... de 16 euros

Les parlementaires philippins ont voté une réduction drastique du budget de la commission des droits de l'homme qui enquête sur la guerre contre la drogue du président Duterte

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Une des principales opposantes du président, la sénatrice Leïla de Lima, a été arrêtée en février pour des raisons qualifiées de «politiques». Elle était auparavant présidente de la commission des droits de l'homme. (photo: AFP/ted Aljibe)

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Cette décision de la Chambre des représentants s'inscrit selon les détracteurs du gouvernement dans une campagne pour museler toute opposition à la campagne philippine contre les stupéfiants, qui s'est déjà traduite par la mort de milliers de personnes. La Chambre a décidé de ramener les fonds alloués à la commission des droits de l'homme à 1 000 pesos (16 euros), dans le projet de budget 2018 de 3 800 milliards de pesos (un peu plus de 62 milliards d'euros) qui a été voté en deuxième lecture, mardi soir. «Cela nous place sur une trajectoire directe vers la dictature», a dénoncé dans un communiqué, le sénateur Francis Pangilinan, chef du Parti libéral, principal mouvement de l'opposition.

La commission des droits de l'homme est l'un des organes indépendants inscrits dans la Constitution pour surveiller le travail de l'exécutif. Elle enquête notamment sur quelques-uns des 3 800 décès de toxicomanes ou trafiquants de drogue présumés abattus par la police et les forces de sécurité dans des opérations «légitimes» selon ces dernières. Cette «guerre contre la drogue» a déclenché une importante vague de violences dans le pays, qui a été marquée par la mort dans des circonstances inexpliquées de milliers d'autres personnes.

Les organisations de défense des droits de l'homme accusent les autorités de laisser des milices faire leur basse besogne, ce que le gouvernement dément. Rodrigo Duterte a été élu en 2016 en promettant d'éradiquer le trafic de drogue, quitte à tuer des dizaines de milliers de toxicomanes. Le budget doit encore être voté par le Sénat, et M. Pangilinan a promis une très forte opposition à cette loi à la Chambre haute. «Nous ne permettrons pas que cela passe au Sénat, même si cela signifie que le budget 2018 n'est pas voté», a-t-il dit.

(L'essentiel/AFP)