En Algérie

21 juin 2021 13:42; Act: 21.06.2021 13:53 Print

Une figure des droits de l'Homme en prison à Alger

Fatiha Briki est en détention depuis jeudi, sans que soit connu le motif de son arrestation, selon sa famille et le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

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La militante participait régulièrement aux marches du mouvement contestataire du Hirak, avant leur interdiction par le ministère de l'Intérieur à l'approche des élections législatives.

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Fatiha Briki, une universitaire en retraite, réputée pour son engagement en faveur de la défense des droits humains et contre la torture, a été arrêtée et son domicile perquisitionné jeudi dernier, selon le Comité national pour la libération des détenus, une association de soutien aux détenus d'opinion dont elle fait partie. La garde à vue de Mme Briki a été prolongée. Mais les faits qui lui sont reprochés n'ont pas été divulgués.

«Fatiha Briki est membre du CNLD, du Comité contre la torture. C'est une grande dame. Je pense que c'est son travail en faveur des détenus qui est la cause de son arrestation», a déclaré Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (LADDH). «Elle est la cheville ouvrière dans la documentation des affaires de violation de droits humains. On lui reproche le délit de solidarité», a ajouté M. Salhi.

«Elle n’a rien à faire en prison!»

La famille de Mme Briki – qui s'est illustrée pendant la guerre d'indépendance (1954-1962) – n'a pu lui rendre visite que dimanche. «Fatiha se porte bien physiquement et moralement. Elle n’a rien à faire en prison! Fatiha Briki doit être libérée immédiatement !», a fait savoir la famille dans un communiqué.

La militante participait régulièrement aux marches du mouvement contestataire du Hirak, avant leur interdiction par le ministère de l'Intérieur à l'approche des élections législatives. Le régime algérien s'est efforcé ces derniers mois de briser le Hirak, mouvement antisystème inédit né en février 2019, empêchant ses manifestations et multipliant les interpellations et les poursuites judiciaires visant opposants, militants, journalistes et avocats.

Jeudi dernier, un autre universitaire, Abdelali Rezagui, analyste politique connu pour ses interventions dans les médias, avait été interpellé par les services de sécurité dans la région d'Alger avant d'être relâché quelques heures plus tard, sans explication. Au moins 260 personnes sont actuellement incarcérées pour des faits en lien avec le Hirak et/ou les libertés individuelles, selon le CNLD.

Plus de 80 ONG algériennes et internationales ont récemment interpellé le Conseil des droits de l'Homme (CDH) de l'ONU à propos de «l'escalade répressive» des autorités algériennes et «la criminalisation incessante des libertés fondamentales».

(L'essentiel/AFP)