Anders Behring Breivik

20 juin 2012 16:16; Act: 20.06.2012 16:45 Print

Il compare sa douleur à celle des familles

Le terroriste d'extrême droite a dressé un parallèle ce mercredi entre ses propres «traumatismes» et ceux qu'il a infligés aux familles des victimes, provoquant la stupeur du public.

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Après avoir entendu deux psychologues décrire les effets dévastateurs des attaques du 22 juillet 2011 sur les proches des victimes et sur les rescapés, Breivik a dit trouver «regrettable qu'ils n'aient pas parlé du traumatisme de voir sa culture ethnique et sa religion être confisquées sans rien pouvoir faire». «C'est traumatisant de voir ses sœurs être violées par des musulmans et ses frères être tabassés», a-t-il déclaré, après avoir été autorisé à prendre la parole. «Cette affaire concerne l'avenir de la Norvège et de l'Europe. C'est traumatisant d'être estampillé extrémiste de droite» et d'être «diabolisé», a-t-il ajouté, ignorant les objections de la juge Wenche Elizabeth Arntzen.

Ces propos ont provoqué la stupeur dans le public, où siégeaient des familles des victimes, certains choisissant de quitter la salle. Dans la matinée, après plusieurs journées consacrées aux questions psychiatriques, deux témoins ont décrit la douleur qu'ils ressentent encore 11 mois après avoir perdu des proches dans l'attentat à la bombe d'Oslo ou dans la fusillade d'Utoeya commis le 22 juillet 2011 par Breivik.

Le verdict est attendu le 20 juillet ou le 24 août

«C'est comme si chacun d'entre nous s'était disloqué et que la famille s'était aussi fragmentée», a confié Kirsten Vesterhus, qui a perdu son fils de 21 ans, Haavard, sur l'île d'Utoeya. Luttant contre les larmes, Tor Oestboe, dont l'épouse Tove Knusten est morte dans l'attentat visant le siège du gouvernement, a, lui, dit ne pas pouvoir s'empêcher de souhaiter que «le tueur brûle à petit feu en enfer». Comme à l'accoutumée, Breivik a écouté impassible ces témoignages alors que de nombreux sanglots étaient audibles dans le prétoire.

La santé mentale de Breivik, déclaré psychotique par une première évaluation psychiatrique officielle ultérieurement contredite par une contre-expertise, est au cœur du procès. Celui-ci touche à sa fin avec le réquisitoire, très attendu, du Parquet jeudi puis la plaidoirie de la défense vendredi. S'il est reconnu pénalement irresponsable, Breivik risque l'internement psychiatrique, potentiellement à vie. Responsable, il encourt 21 ans de prison, une peine qui pourrait être prolongée tant qu'il sera jugé dangereux. Le verdict est attendu le 20 juillet ou le 24 août.

(L'essentiel Online/AFP)