Mutinerie au Brésil

03 janvier 2018 14:55; Act: 03.01.2018 18:00 Print

Des hommes décapités et brûlés vifs en prison

Des violences entre bandes rivales ont éclaté dans une prison brésilienne. Outre des actes barbares, 242 prisonniers ont réussi à s'échapper après avoir percé un mur.

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Parmi les 14 blessés, six restaient hospitalisés mardi. (photo: Twitter)

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Une centaine de détenus était toujours en fuite mardi au Brésil, au lendemain d'une violente mutinerie qui a fait neuf morts, pour certains décapités ou brûlés vifs, dans une prison de l'État de Goias (centre-ouest), ont indiqué les autorités.

Lundi, des affrontements entre bandes rivales du crime organisé ont dégénéré dans l'établissement pénitentiaire d'Aparecida de Goîania, rappelant les émeutes sanglantes qui s'étaient déroulées à la même époque il y a un an et avaient fait des dizaines de morts dans la prison de Manaus, en Amazonie (nord-ouest).

Clans rivaux

Cette fois-ci, les violences ont eu lieu dans une zone de régime semi-ouvert lorsque les occupants d'un des pavillons «ont envahi les autres pavillons et ont commencé à commettre des actes de barbarie contre leurs rivaux», a expliqué lors d'une conférence de presse le lieutenant-colonel Newton Castilho, responsable de l'administration pénitentiaire de l'État de Goias. «Il y a eu des hommes brûlés vifs et deux décapitations», a-t-il ajouté, lors d'une conférence de presse, invoquant «des conflits dans le monde du crime et du trafic de drogue».

Parmi les 14 blessés, six restaient hospitalisés mardi, dont l'un en soins intensifs. Les violences entres bandes rivales se sont accompagnées d'une évasion de masse. Au total 242 prisonniers ont réussi à s'échapper après avoir percé un mur, a indiqué le responsable, multipliant par plus de deux le chiffre initialement communiqué de source pénitentiaire. Si plus de la moitié des fuyards a été rattrapée à l'issue d'une chasse à l'homme, 99 prisonniers étaient toujours dans la nature mardi.

Les prisons brésiliennes sont le théâtre d'une guerre entre les deux principales factions du crime organisé, le Primeiro Comando da Capital (Premier commando de la capitale, PCC) de Sao Paulo (PCC) et le Comando Vermelho (Commando rouge, CV) de Rio de Janeiro et leurs affiliés. Cette guerre sans merci a fait une centaine de morts l'an dernier.

Le Brésil abrite la troisième plus grosse population carcérale au monde avec 726 712 prisonniers enregistrés en juin 2016, selon les derniers chiffres officiels, alors que la capacité est inférieure à 368 000 places. La surpopulation carcérale, qui s'accompagne de conditions de détention particulièrement insalubres, favorise la domination des bandes du crime organisé, qui ont leurs centres de commandements installés au cœur même des prisons.

(L'essentiel/nxp/afp)