États-Unis

30 octobre 2017 06:57; Act: 30.10.2017 13:08 Print

Affaire russe: fébrilité autour de Donald Trump

L'annonce d'une première inculpation dans l'affaire d'ingérence russe durant la présidentielle américaine agite le tout-Washington.

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Donald Trump verra-t-il l'un de ses proches se faire inculper?

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L'équipe du procureur spécial sur la Russie, Robert Mueller, pourrait officialiser lundi, selon plusieurs médias, le lancement de poursuites contre une ou plusieurs personnes, marquant une nouvelle étape dans l'enquête sur les supposées ingérences russes dans la campagne présidentielle américaine.

Face à l'imminence de ces actions judiciaires publiques, qui seraient les premières dans cette affaire, le président Donald Trump tente de déplacer l'attention sur le terrain politique. Il a de nouveau dénoncé une «chasse aux sorcières» et accusé son ancienne adversaire, Hillary Clinton, de collusion et d'autres méfaits.

Les investigations de l'équipe Mueller se déroulent en secret, et rien n'a filtré sur les noms des suspects principaux ou sur leur niveau de relation avec Donald Trump. Les chefs d'inculpation restent également mystérieux.

Vers une interpellation lundi

Selon CNN, une première inculpation a été approuvée par un grand jury fédéral vendredi, et l'interpellation d'au moins un suspect pourrait avoir lieu lundi. D'autres médias ont confirmé l'information. «Cela fera une grande différence si l'inculpation concerne une transaction financière vieille de 15 ans, ou des conversations avec la Russie il y a 15 jours», a prévenu l'élu républicain Trey Gowdy, sur Fox News.

«S'il y a une inculpation, elle visera un petit poisson», a assuré Ari Fleischer, ancien porte-parole de la Maison-Blanche sous la présidence de George W. Bush: «Un nouveau nom qui je parie n'aura aucun rapport avec Trump». Robert Mueller, nommé le 17 mai par le numéro deux du ministère de la Justice, a pour mission d'enquêter sur l'existence d'une éventuelle collusion entre la Russie et l'équipe de campagne de Donald Trump, mais il a également le pouvoir de remonter toute piste émanant de ses investigations.

«Ce n'est que le début»

L'ancien directeur de campagne du candidat, Paul Manafort, serait notamment ciblé pour des activités non déclarées de lobbyiste et consultant, notamment auprès de l'ancien président ukrainien pro-russe, Viktor Ianoukovitch. L'éphémère conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, pourrait aussi être dans le viseur des enquêteurs pour des activités de lobbyiste pour la Turquie. Il a aussi rencontré des responsables russes en 2016.

Le président républicain, dans une série de tweets dimanche, a encore réfuté la moindre «collusion» avec la Russie durant la campagne. «Toutes ces histoires russes juste quand les républicains s'attaquent à une baisse et réforme historiques des impôts. Est-ce une coïncidence? NON!» a-t-il tweeté.

Lui-même ne semble pas visé, dans l'immédiat, par l'enquête. C'est ce qu'a assuré le gouverneur républicain du New Jersey, Chris Christie, un allié, dimanche: «Le président ne fait pas l'objet d'une enquête». «Personne ne lui a dit qu'il l'était», a-t-il dit, en expliquant que les avocats des suspects étaient généralement en contact avec les procureurs avant une mise en examen. «Quoiqu'il arrive, ce n'est que le début», a estimé le sénateur indépendant Angus King, apparenté au groupe démocrate, sur CNN. Robert Mueller, a-t-il dit, est «un pro» qui «remontera les faits, où qu'ils mènent».

(L'essentiel/nxp/ats)