Guerre en Syrie

31 août 2013 16:32; Act: 31.08.2013 20:02 Print

Une intervention militaire est-​​elle vraiment utile?

Selon de nombreux experts, l'intervention des États-Unis et de la France attendue en Syrie ne modifierait absolument pas le cours de la guerre.

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«Je veillerai à ce que la réponse de la communauté internationale fasse cesser l'escalade de la violence», a assuré vendredi le président français François Hollande, en parlant aussi de «coup d'arrêt» aux violences. «C'est la riposte et non l'inertie qui imposera une solution politique», a-t-il insisté tandis que son homologue américain Barack Obama évoquait «une action limitée», en ne parlant que d'empêcher tout nouveau recours à l'arme chimique. Sur le terrain, en deux ans et demi, le conflit qui n'était à ses débuts qu'une révolte pacifique contre une dictature se solde par plus de 100 000 morts et un pays ravagé par les destructions.

La région est ébranlée, les pays voisins déstabilisés et débordés par l'afflux de réfugiés manquant de tout. Au quotidien, le recours aux armes classiques, comme les bombes incendiaires, fait des ravages tout aussi choquants que le gaz sarin. Une éventuelle intervention militaire alliée «limitée» a certes un aspect humanitaire. «Il y a une dimension humanitaire» dans la riposte envisagée à l'attaque chimique du 21 août, admet un haut responsable américain sous couvert d'anonymat.

L'équilibre des pouvoirs

Mais sans aucune «ligne rouge» sur le massacre «conventionnel» de civils, rien ne dit que la guerre civile ne reprendra pas de plus belle et qu'une attaque ne sera pas qu'un coup d'épée dans l'eau. Réponse «tactique» mais non «stratégique». D'autant que Iran et Russie, fidèles soutiens de Bachar al-Assad, devraient probablement, sauf revirement politique, aider le régime à se rétablir et à reprendre son entreprise répressive.

Et que face à lui, l'opposition reste divisée, en quête de crédibilité et d'armes lourdes que se refuse à lui donner jusqu'à présent l'Occident par crainte qu'elles ne soient récupérées par des islamistes radicaux. Un simple recours à des missiles de croisière contre des installations militaires syriennes vise «plus à punir l'utilisation d'armes chimiques que d'essayer de modifier radicalement l'équilibre des pouvoirs au profit de l'opposition», note Jeremy Binnie du magazine IHS Jane's Defence Weekly.

Un haut responsable français s'exprimant sous couvert d'anonymat le confirme: le but à atteindre est davantage d'empêcher tout nouveau recours à l'arme chimique que «de changer le rapport de forces sur le terrain». Des experts regrettent à cet égard que les alliés ne soient que dans la réponse «tactique» et non «stratégique» qui permettrait d'essayer de mettre un terme au sang qui coule.

(L'essentiel Online/AFP)