Peine de mort

10 avril 2019 07:31; Act: 10.04.2019 10:47 Print

Des exécutions «par milliers» en Chine

Amnesty International a publié son rapport mondial sur la peine de mort. Le nombre d'exécutions a baissé en 2018, mais pas aux États-Unis et au Japon. En Chine, les chiffres sont classés secrets.

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Dans le monde, le recours à la peine de mort est au plus bas depuis 10 ans, relève l'ONG.

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Amnesty International a enregistré 690 exécutions capitales en 2018, un chiffre au plus bas depuis dix ans, selon son rapport mondial sur la peine de mort publié mercredi. Plusieurs pays enregistrent néanmoins une hausse parmi lesquels on note les États-Unis et le Japon.

«La chute du nombre d'exécutions à l'échelle mondiale», qui ont baissé de 31% par rapport à l'année précédente, «prouve que même les pays apparemment les plus rétifs amorcent un changement et réalisent que la peine de mort n'est pas la solution», a déclaré Kumi Naidoo, secrétaire général d'Amnesty International.

«Cela incite à espérer que ce n'est qu'une simple question de temps avant que ce châtiment cruel et archaïque ne soit relégué au passé», a-t-il ajouté. L'organisation a cependant précisé que ce chiffre ne comprend pas les exécutions en Chine, où les chiffres sont classés secret d’État. «On pense que les exécutions s'y comptent par milliers», précise Amnesty.

L'ONG explique cette baisse principalement par les modifications apportées à la loi relative à la lutte contre les stupéfiants en Iran, où le nombre d'exécution a baissé de 50%, et par la «diminution des chiffres dans certains des pays responsables de la majorité des exécutions», principalement en Irak, au Pakistan et en Somalie.

Vingt pays, 690 exécutions

Derrière la Chine, les pays ayant eu le plus massivement recours aux exécutions sont l'Iran (253), l'Arabie saoudite (149), le Vietnam (85) et l'Irak (52). Ces quatre derniers pays représentent ensemble près de quatre cinquièmes (78%) des exécutions recensées dans le monde.

Malgré un recul global, le nombre d'exécutions a augmenté dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis (25), au Japon (15), à Singapour (13) au Soudan du Sud (7) et au Belarus (4). La Thaïlande, elle, a renoué avec les exécutions, où elles n'avaient plus cours depuis 2009.

Au total, vingt pays ont procédé à des exécutions en 2018, par décapitation (Arabie Saoudite), électrocution (États-Unis), pendaison (Afghanistan, Japon, Singapour), injection létale (Chine, États-Unis, Thaïlande) ou arme à feu (Corée du Nord, Yémen).

«Consensus mondial»

Amnesty International a par ailleurs enregistré 2531 condamnations à mort (Chine non incluse) l'année dernière - contre 2591 en 2017 -, portant à 19 336 le nombre de personnes dans les couloirs de la mort. L'ONG s'est dite «préoccupée par la forte hausse du nombre» de ces condamnations dans certains pays.

Elles ont ainsi été multipliées par quatre en Irak (271 condamnations à mort en 2018), et ont augmenté de 75% en Egypte (717). Malgré ces chiffres, l'organisation juge que la peine de mort est «résolument en recul» dans le monde, donnant plusieurs exemples de mesures prises pour mettre fin à ce châtiment.

(L'essentiel/afp)