Tuerie au Texas

08 novembre 2017 13:35; Act: 08.11.2017 14:39 Print

Comment la vie paisible d'un vieux shérif a basculé

Chargé de la sécurité du tranquille comté de Wilson depuis 1992, Joe Tackitt Jr. s'est retrouvé sous les feux des projecteurs après la tuerie de Sutherland Springs.

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Joe Tackitt Jr., shérif du comté de Wilson, a vu sa paisible carrière prendre une tout autre tournure, dimanche dernier.

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Joe Tackitt Jr. a tout du shérif du sud des États-Unis que l'on peut voir à la télévision ou au cinéma. Grand et grisonnant, il ne quitte jamais son chapeau de cow-boy blanc. Son étoile de shérif est solidement accrochée à sa chemise et son pistolet repose dans l'étui en cuir brun qu'il porte autour de la taille. Pendant 25 ans, l'homme aujourd'hui âgé de 70 ans a mené une carrière paisible et sans turbulence en tant que shérif du comté de Wilson (Texas). Dans cette région constituée de petits villages et de fermes éparpillées ça et là, aucun événement majeur n'était jamais venu chambouler le paysage.

Dimanche dernier, la tranquillité de ce petit coin de pays a été brisée, lorsque Devin Kelley a ouvert le feu dans une église de Sutherland Springs, faisant 26 morts. D'un instant à l'autre, la vie de Joe Tackitt Jr., en poste depuis 1992, a basculé. L'homme s'est soudainement retrouvé sous les feux des projecteurs, constamment sollicité par les chaînes de télévision nationales et par ses concitoyens en quête de soutien et de réconfort. «Cela a été la pire chose que j'aie jamais eu à gérer. J'ai été élevé ici et j'ai élevé ma famille ici. Je suis vraiment touché en plein cœur», confie-t-il à USA Today.

Pudeur et respect

Comme la plupart de ses amis et voisins, le septuagénaire profitait d'un calme repas du dimanche, quand il a été alerté du drame survenu à Sutherland Springs. À ce moment-là, le shérif se trouvait à une cinquantaine de kilomètres du lieu de la fusillade et il lui a fallu un certain temps pour arriver sur place. Par pudeur, respect envers les proches des victimes et pour ne pas prendre le risque de compromettre l'enquête, Joe refuse de décrire ce qu'il a vu en entrant dans l'église. Une scène «horrible». «Je ne peux juste pas imaginer vivre ce que ces gens sont en train de vivre. Et si cela avait été ma famille?», s'interroge-t-il.

Après la tuerie, le septuagénaire a inlassablement répondu aux questions des médias qui faisaient le pied de grue près de l'église. De sa voix calme et basse, Joe a répété, encore et encore, les mêmes réponses, avec patience et détermination. Le septuagénaire, qui n'avait aucune expérience dans les forces de l'ordre avant de prendre ses fonctions de shérif, se concentre maintenant sur l'enquête. Passionné par son métier, il compte briguer un huitième mandat en 2020. Mais si possible, loin de la notoriété et du battage médiatique.

(L'essentiel/joc)