Intervention militaire

29 août 2013 19:39; Act: 30.08.2013 00:02 Print

Bombarder la Syrie? Le scepticisme monte

La circonspection s'installait jeudi en Europe et à Washington face à une éventuelle intervention militaire en Syrie.

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De Londres à Berlin, bien que révulsés par les images de l'attaque chimique présumée du 21 août près de Damas, les parlementaires refusaient de signer un chèque en blanc aux dirigeants américain, britannique et français pour lancer des frappes punitives contre le régime de Bachar al-Assad. Londres est l'épicentre de ce scepticisme politique. L'opposition travailliste refuse de voter tout texte proposé par le Premier ministre David Cameron en faveur d'un recours à la force tant que les résultats de l'enquête des Nations unies sur place n'étaient pas connus, retardant d'autant des frappes qui paraissaient encore imminentes il y a quelques jours.

Les Britanniques ne sont pas pressés: seuls 22%, selon un sondage YouGov/The Times publié jeudi, sont favorables à une intervention, contre 51% d'opposition. Là où des sondages ont été réalisés en Europe, ils révèlent une opinion peu va-t-en-guerre. Les Allemands, traditionnellement réticents à déployer leurs soldats, étaient 58% à s'opposer à des frappes en Syrie, contre 33%, selon un sondage Politbarometer/ZDF.

La classe politique circonspecte

L'Allemagne avait contribué à la guerre d'Afghanistan mais s'était distinguée de Paris et Londres en s'abstenant lors du vote du Conseil de sécurité des Nations unies autorisant le recours à la force en Libye, en 2011; aujourd'hui la chancelière Angela Merkel insiste sur une résolution onusienne. En France, où le Parlement est convoqué mercredi prochain pour une session extraordinaire, l'opinion publique est partagée. Deux sondages sur l'éventualité d'une intervention militaire sous l'égide de l'ONU ont donné respectivement mercredi 55% et 45% d'opinions favorables, contre 45% et 40%.

La classe politique restait globalement circonspecte, sinon hostile, sur la stratégie globale, notamment au Front National et au Parti communiste. Les socialistes restent discrets, et beaucoup à droite évoquent le précédent de la guerre d'Irak en 2003, comme Dominique de Villepin. En Italie, le sujet ne fait pas débat: gauche et droite refusent de participer à une intervention sans l'aval de l'ONU. En Espagne, où des millions de personnes avaient manifesté en 2003 contre la guerre d'Irak, où des soldats espagnols avaient été déployés, la prudence domine et le gouvernement s'en remet aux Nations unies, tout comme en Autriche.

Les Américains fatigués de la guerre

Barack Obama fait face à des réserves d'un autre ordre. Le Congrès américain n'entend pas dépendre des conclusions des Nations unies, une institution qui suscite la méfiance chez les républicains. Nul doute que le président, décrit jeudi par le magazine Time comme un «guerrier malheureux», élaborera une justification légale pour la «réponse» militaire, vraisemblablement au nom de l'intérêt national et de la violation des normes internationales sur les armes chimiques. Mais démocrates et républicains le sommaient de décrire son plan pour éviter l'embourbement.

«Quels résultats l'administration cherche-t-elle à obtenir?», a demandé dans une lettre sévère John Boehner, président républicain de la Chambre des représentants, en soulignant qu'une intervention militaire constituait «un moyen et non une politique». La presse s'interrogeait sur le rapport du renseignement américain qui devait être rendu public dans les prochains jours. «Étant donné le spectaculaire échec américain en Irak, quand l'administration Bush a déclenché une guerre à cause d'armes nucléaires non existantes, le niveau de preuve est indéniablement plus élevé», insistait un éditorial du New York Times jeudi.

Depuis le début de la crise syrienne, les Américains ont montré peu d'appétit pour une augmentation de l'implication américaine, même sans invasion terrestre, alors que le retrait d'Afghanistan n'était pas encore terminé. Selon une étude Quinnipiac du 8 juillet, 61% des Américains estimaient qu'il n'était pas dans l'intérêt des États-Unis de «s'impliquer» dans le conflit, bien que 49% se soient dits favorables à l'utilisation de missiles de croisières «qui ne risquent aucune vie américaine». En juin, 54% des Américains critiquaient la décision d'armer les rebelles syriens, selon Gallup. Le fidèle allié canadien a en outre annoncé jeudi qu'il n'envisageait pas de participer à une opération contre la Syrie.

(L'essentiel Online/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • FullmétalJF le 29.08.2013 23:00 Report dénoncer ce commentaire

    Il faut vraiment être crédule pour avaler la version d'une sorte de croisade humanitaire en Syrie. Les Américains ont de solides intérêts et de vrais objectifs politiques, géostratégiques et économiques dans cette région (encerclement de l'Iran, défense d'Israël, acheminement vers le Nord des richesses du golfe etc.) Ont-ils jamais attaqué des régimes bien plus sanglants comme celui de Pinochet au Chili, de la junte en Argentine etc. ? Non, car ceux-ci servaient leurs intérêts. Alors, en Europe, ouvrons l'oeil et refusons de "travailler pour le roi de Prusse" comme nous l'avons fait en Irak !

  • Didishka le 29.08.2013 20:12 Report dénoncer ce commentaire

    A force de mentir au monde entier, les populations finissent par se méfier et à retirer toute confiance envers les gouvernements voyous... La frontière entre les électeurs et les élus n'a jamais été aussi grande! Ceux-ci devraient se poser enfin les bonnes questions...

  • Rosen Léiw le 29.08.2013 23:31 Report dénoncer ce commentaire

    Il s'agit "simplement" d'un ...APPEL A LA GUERRE....tirer les populations de l'europe dans une 14-18 "améliorée"..NON !!.

Les derniers commentaires

  • Rosen Léiw le 29.08.2013 23:31 Report dénoncer ce commentaire

    Il s'agit "simplement" d'un ...APPEL A LA GUERRE....tirer les populations de l'europe dans une 14-18 "améliorée"..NON !!.

  • FullmétalJF le 29.08.2013 23:00 Report dénoncer ce commentaire

    Il faut vraiment être crédule pour avaler la version d'une sorte de croisade humanitaire en Syrie. Les Américains ont de solides intérêts et de vrais objectifs politiques, géostratégiques et économiques dans cette région (encerclement de l'Iran, défense d'Israël, acheminement vers le Nord des richesses du golfe etc.) Ont-ils jamais attaqué des régimes bien plus sanglants comme celui de Pinochet au Chili, de la junte en Argentine etc. ? Non, car ceux-ci servaient leurs intérêts. Alors, en Europe, ouvrons l'oeil et refusons de "travailler pour le roi de Prusse" comme nous l'avons fait en Irak !

    • Coeur révélateur le 31.08.2013 20:25 Report dénoncer ce commentaire

      n'est pas celui des Américains, mais de ceux qui ont pris en otage le peuple américain, qui par les guerres contraignent le peuple américain à porter une énorme dette publique de 12 trillions $. L'agenda est celui d'investisseurs à Wallstreet, Londres, Francfort, Paris, Zurich, Luxembourg, Dubaï, Doha, Moscou, Beijing, sans oublier un petit quartier à Rome. A force d'invoquer le secret d'État, les dirigeants nous permettent de dénoncer leurs mensonges : les pays apparemment opposés sont en fait instrumentalisés pour faire durer et amplifier les conflits.

  • Didishka le 29.08.2013 20:12 Report dénoncer ce commentaire

    A force de mentir au monde entier, les populations finissent par se méfier et à retirer toute confiance envers les gouvernements voyous... La frontière entre les électeurs et les élus n'a jamais été aussi grande! Ceux-ci devraient se poser enfin les bonnes questions...

    • Snowden fan le 30.08.2013 09:32 Report dénoncer ce commentaire

      "A force de mentir au monde entier, les populations finissent par se méfier et à retirer toute confiance envers les gouvernements voyous..." ainsi qu'aux journalistes toujours prêt à relayer la version officielle peu importe les preuves contraires qui affluent! vive les médias libres/alternatifs et les personnes encore capables de penser par elles-mêmes. Chapeau Angleterre, honte à la France