Inde

20 août 2017 16:15; Act: 20.08.2017 16:19 Print

Pas de toilette à la maison: elle divorce

Un tribunal indien a autorisé le divorce d'une femme au motif que le domicile de son mari ne disposait pas de toilettes.

storybild

Le Premier ministre indien Narendra Modi a promis la construction de toilettes dans chaque foyer d'ici 2019. Selon lui, son gouvernement a construit plus de 20 millions de toilettes depuis 2014.

  • par e-mail

Le tribunal familial de l'Etat du Rajasthan (nord de l'Inde) a statué vendredi en faveur de cette femme, qui a soutenu que l'incapacité de son mari à lui fournir des toilettes intérieures durant cinq années de mariage relevait de la cruauté. Le juge Rajendra Kumar Sharma a souligné que les femmes dans les villages enduraient généralement des douleurs physiques en attendant que l'obscurité tombe pour aller se soulager à l'extérieur de leurs foyers.

Le juge a qualifié l'absence de sanitaires de honteuse et a apparenté à de la torture le fait de refuser un environnement sûr aux femmes, a expliqué à l'AFP l'avocate Rajesh Sharma. Le divorce en Inde est autorisé uniquement si des preuves de cruauté, violence, ou de demandes financières injustifiées sont présentées à la Cour.

Pas une première

Ce n'est pas la première fois qu'un mariage est annulé en raison de l'absence de toilettes. L'année dernière, une femme avait refusé de sceller son union dans l'Etat d'Uttar Pradesh (nord) après que son fiancé avait refusé de construire des toilettes pour le couple. En juin, une autre femme avait refusé de retourner à son domicile tant que ses beaux parents ne construiraient pas de toilettes. L'absence de sanitaires est un problème majeur de santé publique en Inde, et concerne près de 594 millions d'Indiens, soit quasiment la moitié du pays, selon l'Unicef. Près de 70% des foyers indiens ne sont pas équipés de toilettes.

Le Premier ministre indien Narendra Modi a promis la construction de toilettes dans chaque foyer d'ici 2019. Selon lui, son gouvernement a construit plus de 20 millions de toilettes depuis 2014. Des observateurs estiment toutefois que le problème ne vient pas seulement de la pauvreté, mais également d'une croyance enracinée selon laquelle les toilettes intérieures sont impures.

(L'essentiel/nxp/afp)