Après Ebola

24 août 2015 16:17; Act: 24.08.2015 16:39 Print

L'OMS revoit le règlement sanitaire international

À la suite de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, l'OMS revoit le fonctionnement du règlement sanitaire international.

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L'OMS veut corriger les mécanismes d'alerte, après une mauvaise gestion de l'épidémie d'Ebola. (photo: AFP)

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«Cet examen se déroule alors qu'il y a un accord quasi-général pour dire que la réponse de la communauté internationale à l'épidémie d'Ebola a été inadéquate», a reconnu d'emblée la directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Margaret Chan en ouvrant la réunion. Le Dr Chan a souhaité que des corrections soient apportées dans le cadre du principal instrument à disposition, le règlement sanitaire international entré en vigueur il y a huit ans. Ce texte prévoit que les gouvernements alertent rapidement sur la propagation d'une épidémie.

Il faut se préparer à une pandémie qui se répandrait dans le monde entier par voie aérienne. Chaque jour, 100 000 vols transportent 8,6 millions de passagers à travers le monde, a rappelé Margaret Chan. Plusieurs lacunes ont été identifiées, a souligné la responsable de l'agence de l'ONU: moins d'un tiers des pays a mis en place les capacités nécessaires d'alerte. Un mécanisme plus indépendant qu'une évaluation strictement nationale des besoins pourrait être utile, a-t-elle suggéré.

Long à mettre en place

Margaret Chan a reconnu la difficulté de reconnaître une nouvelle flambée dans des pays qui connaissent de manière routinière des cas de malaria, fièvre jaune, typhoïde, dengue ou encore choléra. Ainsi, Ebola a circulé au début de l'an dernier pendant trois mois en Guinée sans être identifié, et confondu avec le choléra. Des mesures comme des restrictions aux voyages et au commerce peuvent être contre-productives, a fait en outre remarquer Mme Chan. La suspension des vols vers l'Afrique de l'Ouest par plusieurs compagnies aériennes a retardé l'arrivée des équipes indispensables pour contenir l'épidémie, a-t-elle dit.

Elle a repris une suggestion du rapport de la commission présidée par Dame Barbara Stocking, selon laquelle il faudrait établir un mécanisme d'alerte intermédiaire à des risques sanitaires, avant la déclaration d'une urgence sanitaire internationale. Margaret Chan a estimé que des amendements au règlement sanitaire international sont nécessaires. Toutefois, ils prendront du temps pour entrer en vigueur. En attendant, il faudrait mieux identifier les foyers potentiels d'infections pathogènes. Une liste des pays ayant besoin d'un soutien urgent devrait être établie. Les risques sont les plus élevés dans les zones tropicales. Près de 72% des nouveaux agents pathogènes pour l'homme ont pour origine la faune sauvage, a noté Mme Chan.

L'épidémie d'Ebola en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone a contaminé 28 000 personnes et fait 11 300 morts, selon le dernier bilan de l'OMS. Lors de la semaine du 9 août, seulement trois nouveaux cas ont été identifiés.

(L'essentiel/ATS)