États-Unis

18 avril 2017 09:35; Act: 18.04.2017 10:24 Print

8 exécutions en 10 jours: veto de la Cour suprême

La Cour suprême des États-Unis a mis son veto, lundi, à une demande de dernière minute des autorités de l'Arkansas de procéder à une série d'exécutions.

storybild

Huit hommes devaient être exécutés d'ici la fin du mois. (photo: AFP)

  • par e-mail
Sur ce sujet

La décision de la Cour suprême constitue le dernier revers judiciaire en date pour cet État qui entendait procéder à huit exécutions entre le 17 et le 27 avril, à un rythme sans précédent, qui a suscité une mobilisation internationale des opposants à la peine capitale. La Cour a rejeté un appel du procureur général de l'Arkansas (Attorney general) de lever l'interdiction d'exécuter Don Davis, émise lundi par la Cour suprême de l'Arkansas.

Don Davis devait être le premier des condamnés à mort et son exécution était initialement prévue ce mois-ci. La décision de la Cour suprême des États-Unis est intervenue quelques minutes avant que l'ordre d'exécuter Don Davis n'expire à 12h locales (6h au Luxembourg), à l'issue d'une journée riche en rebondissements judiciaires. Ce dernier développement représente un échec pour le gouverneur républicain de l'Arkansas, Asa Hutchinson, qui plaide pour des exécutions à un rythme accéléré.

«Déluge de mises à mort inédit»

«Bien que la journée ait été épuisante pour toutes les personnes concernées, nous continuerons demain de nous battre contre les appels de dernière minute et les efforts pour s'opposer à la justice pour les familles des victimes», a déclaré le gouverneur dans un communiqué. L’État de l'Arkansas continuera d'aller de l'avant pour procéder à l'exécution des autres détenus, a-t-il indiqué.

L'affaire a lieu aussi alors qu'une substance très controversée utilisée pour les exécutions par injection dans plusieurs États américains, le bromure de vécuronium, est de plus en plus difficile à obtenir. Plusieurs compagnies pharmaceutiques, en particulier en Europe, l'interdisent pour des exécutions. Les opposants à la peine de mort font valoir que cette substance entraîne une longue agonie, provoquée par la paralysie des muscles. Les exécutions prévues en Arkansas ont suscité l'émoi à l'étranger. L'Union européenne a exhorté le gouverneur de l'État à «commuer» les sentences. Amnesty International a demandé une «mise à l'arrêt urgente du tapis roulant d'exécutions» dans l'Arkansas et l'organisation Human Rights Watch a dénoncé «un déluge de mises à mort inédit dans l'histoire américaine moderne».

(L'essentiel/AFP)