Irak

30 décembre 2016 12:51; Act: 30.12.2016 13:12 Print

Il y a 10 ans, Saddam Hussein était pendu

Il y a dix ans, le 30 décembre 2006, l'ex-président irakien Saddam Hussein mourait pendu, trois ans après sa capture rocambolesque.

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Il y a dix ans, jour pour jour, Saddam Hussein s'éteignait sous les acclamations bruyantes du peuple irakien. Une vidéo pirate diffusée sur Internet montre ses derniers instants, dans une caserne des renseignements militaires à Bagdad. On le voit vêtu d'un manteau noir, refusant une cagoule. Des insultes et des cris fusent. «Est-ce là un comportement d'homme?», réplique l'ex-président.

«Je n'ai vu aucun signe de peur», confiera sept ans plus tard à l'AFP l'ex-conseiller Mouaffak al-Rubaïe, emprisonné à trois reprises sous Saddam Hussein et qui a conservé la corde du supplice après avoir assisté à l'exécution. «Il disait "Mort à l'Amérique! Mort à Israël! Longue vie à la Palestine! Mort aux mages perses"». Saddam Hussein commence à réciter la profession de foi musulmane mais la trappe s'ouvre sous ses pieds.

Les chiites fêtent, les sunnites et monde sont choqués

À 6h10, celui qui avait dirigé l'Irak d'une main de fer pendant plus de trente ans, de 1979 jusqu'à la prise de Bagdad par l'armée américaine le 9 avril 2003, est prononcé mort, le cou brisé. C'est le premier jour de l'Aïd al-Adha, la grande fête musulmane du Sacrifice. Les chiites, qui ont souffert sous son régime, dansent de joie dans les rues.

Cette brutale exécution, à laquelle l'armée américaine assure n'avoir pris aucune part, choque les sunnites et suscite la réprobation internationale, sauf en Israël et en Iran. Le tyran, dont le procès devait symboliser le nouvel Irak, avait été condamné à mort le 5 novembre par un Tribunal spécial irakien. Il n'avait eu de cesse d'en contester la légitimité durant tout son procès, d'octobre 2005 à juillet 2006.

Arrêté «dans un trou à rat»

Le lendemain de son exécution, Saddam Hussein est enterré dans son village natal d'Aouja, près de Tikrit (160 km au nord de Bagdad), auprès de ses deux fils tués en juillet 2003 à Mossoul par l'armée américaine. C'est aussi près de Tikrit, dans la localité d'Al-Daour, que les forces américaines l'avait le 13 décembre 2003, par une nuit sans lune, après plus de huit mois de traque. Aux soldats qui le capturent, il déclare en anglais «je suis Saddam Hussein, je suis le président d'Irak et je veux négocier», affirme aux journalistes un commandant américain.

Sur des images diffusées par les Américains, l'homme qui faisait trembler l'Irak ressemble à un clochard, hirsute et le visage mangé d'une épaisse barbe poivre et sel, le regard perdu.

«We got him» ("Nous l'avons eu"), annonce le lendemain à Bagdad, tout sourire, le chef de l'administration civile américaine Paul Bremer. Réfugiées en Jordanie, deux de ses trois filles, Raghad et Rana, suivent en larmes à la télévision l'annonce de la capture de leur père. À Bagdad, les Irakiens présents à cette conférence de presse poussent des cris de joie.

(L'essentiel/AFP)