11-Septembre

11 septembre 2016 10:16; Act: 11.09.2016 10:18 Print

15 ans après, l'Amérique est en guerre perpétuelle

Depuis quinze ans, les États-Unis restent en guerre contre le «terrorisme» jihadiste sans réussir à mettre fin au «chaos» au Moyen-Orient.

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Près de 3 000 personnes sont mortes dans les attaques perpétrées par 19 extrémistes d'Al-Qaïda le 11 septembre 2001.

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Le 11 septembre 2001 a changé à jamais le visage de l'Amérique. Si le président Barack Obama, au pouvoir depuis janvier 2009, a refusé l'interventionnisme militaire à tout crin dans les guerres du monde arabe et cherché à réconcilier l'Amérique avec les pays musulmans, il laisse les États-Unis dans un état de conflit permanent contre la «terreur» islamiste, relèvent des experts.

Le démocrate, qui quittera la Maison-Blanche en janvier, demeurera le président qui a sorti son pays des bourbiers d'Irak et d'Afghanistan. Ces conflits dévastateurs avaient été déclenchés par son prédécesseur républicain George W. Bush en riposte aux pires attentats de l'histoire et sous la bannière de la «guerre mondiale contre le terrorisme».

Myriade d'insurrections islamistes

Mais, «même quinze ans après le 11 septembre, les guerres au Moyen-Orient, les métastases de l'EI (Etat islamique), la radicalisation en ligne et les attentats en Europe et en Amérique empêchent d'enterrer le paradigme de la "guerre mondiale contre le terrorisme"», analysait vendredi, pour le Forum économique mondial, Tamara Cofman Wittes, directrice de recherche à la Brookings.

De fait, la première puissance mondiale reste engagée militairement - certes, de manière limitée ou en appui logistique - sur de multiples théâtres: en Syrie et en Irak contre l'EI, en Afghanistan, en Libye, au Yémen, en Somalie ou au Nigeria face à une myriade d'insurrections islamistes.

Un chaos insoluble

«Obama pense qu'il faut éviter les grandes guerres qui aggravent les choses», explique Hussein Ibish, chercheur au Arab Gulf States Institute in Washington. Au contraire, le commandant en chef a fait entrer ses militaires dans une nouvelle ère: drones, forces spéciales, formation d'armées locales. Le coût humain et financier en est limité, après la mort de 5 300 soldats américains, 50 000 autres blessés et 1 600 milliards de dollars dépensés entre 2001 et 2014 en Irak et en Afghanistan, selon le Congrès.

Cette politique militaire de Barack Obama avait culminé en mai 2011 lorsque des forces spéciales avaient tué dans sa maison au Pakistan le chef d'Al-Qaïda responsable du 11 septembre, Oussama ben Laden. Mais pour M. Ibish, cet «usage limité des ressources» militaires «ressemble à une guerre ininterrompue». «C'est même plus qu'une guerre permanente parce que les ressources militaires limitées ne peuvent rien changer à l'instabilité» des conflits régionaux, critique l'analyste. Il juge que l'administration Obama «a accepté que le chaos actuel soit insoluble».

De fait, pour la tragédie syrienne, aucune paix durable n'est en vue, malgré les interventions militaires et tentatives diplomatiques des États-Unis et de la Russie. Et un réengagement armé américain d'envergure au Moyen-Orient n'est pas aux programmes des rivaux à la présidentielle du 8 novembre, Hillary Clinton et Donald Trump.

(L'essentiel/AFP)