Péninsule coréenne

03 juin 2013 09:41; Act: 03.06.2013 10:47 Print

Le sort de neuf jeunes provoque des tensions

La Corée du Sud a prévenu lundi son voisin qu'il serait tenu pour responsable s'il arrivait quoi que ce soit aux neuf jeunes Nord-Coréens qui se sont enfuis avant d'être arrêtés au Laos et rapatriés.

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Park Geun-Hye, présidente sud-coréenne, se montre vindicative face à ses voisins. (photo: AFP)

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«Le plus important est de garantir leur vie et leur sécurité, et de s'assurer qu'ils ne recevront pas de châtiment injuste», a déclaré Park Geun-Hye, lors d'une réunion avec de hauts responsables. «La Corée du Nord ne pourra pas autrement éviter les critiques internationales et sa responsabilité en matière de droits de l'homme».

Le Laos de son côté a confirmé avoir remis à Pyongyang neuf transfuges nord-coréens âgés de 14 à 18 ans. Les adolescents avaient été arrêtés le 10 mai dans la province d'Oudomay, dans le nord du pays, pour entrée illégale, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères transmis. Deux Sud-Coréens accusés de trafic d'êtres humains ont été arrêtés en même temps et remis à l'ambassade de Corée du Sud, a-t-il ajouté.

Vives réactions

Cette affaire a soulevé la colère des défenseurs des droits de l'homme et attiré de vives critiques sur l'ambassade sud-coréenne à Vientiane, accusée de n'avoir pas réagi suffisamment. L'ONU s'est inquiétée la semaine dernière de la sécurité des jeunes gens, qui ont apparemment déjà été renvoyés dans leur pays, via la Chine.

En Corée du Sud, les défenseurs des droits de l'homme ont estimé que Séoul n'avait pas pris les mesures adéquates pour protéger les fuyards, en adoptant une attitude passive après leur arrestation par les autorités laotiennes. Le passage par le Laos pour rejoindre la Corée du Sud était jusqu'à présent considéré comme un itinéraire sûr pour les transfuges nord-coréens.

Exil vers la Corée du Sud

Quelque 25 000 Nord-Coréens ont fui leur pays pour se réfugier en Corée du Sud depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953), avec un pic des départs après la famine meurtrière au milieu des années 90. La plupart fuient à pied via la Chine, puis tentent de passer dans un pays tiers pour arriver finalement en Corée du Sud.

S'ils sont arrêtés en Chine et renvoyés chez eux, ils risquent la relégation sociale, la prison, voire la mort, selon les associations de transfuges, des députés sud-coréens et des témoignages de Nord-Coréens qui ont réussi à s'enfuir. Selon Amnesty International, certains sont envoyés dans des camps de travail et sont torturés.

(L'essentiel Online/afp)