Tribunal de La Haye

07 novembre 2019 14:52; Act: 07.11.2019 15:08 Print

«Terminator» condamné à 30 ans de prison

L'ex-chef de guerre congolais, Bosco Ntaganda, a été condamné à 30 ans de prison par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

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Surnommé «Terminator», Bosco Ntaganda a été condamné, ce jeudi 7 novembre, pour avoir recruté des enfants soldats, et commandité des meurtres, pillages et viols commis par ses troupes en 2002 et 2003, dans le nord-est de la République démocratique du Congo.

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La Cour pénale internationale (CPI) a condamné jeudi l'ex-chef de guerre congolais Bosco Ntaganda, à 30 ans de prison pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. C'est la peine la plus lourde jamais prononcée par la juridiction basée à La Haye.

Surnommé «Terminator», Ntaganda a été reconnu coupable en juillet de 18 chefs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, dont des crimes sexuels, massacres, persécutions et transfert forcé de la population civile en République démocratique du Congo (RDC) au début des années 2000.

La peine la plus lourde

Citant des «crimes multiples», le juge Robert Fremr a déclaré au cours d'une audience que la peine imposée à Ntaganda, aujourd'hui âgé de 46 ans, «est ainsi fixée à 30 ans d'emprisonnement». «Des meurtres ont été commis à grande échelle», a affirmé Robert Fremr, précisant que les juges avaient pris en compte la «cruauté particulière» de certains crimes perpétrés par Ntaganda et ses troupes.

Les juges lui ont imposé la peine maximale autorisée par la CPI en dehors de la peine de prison à perpétuité, réservée aux infractions les plus graves. Ils ont en effet estimé que les crimes pour lesquels Ntaganda a été condamné, «malgré leur gravité et son degré de culpabilité, ne justifiaient pas une peine d'emprisonnement à perpétuité». Ntaganda, vêtu d'un costume bleu et d'une cravate rouge, est resté impassible durant la lecture du jugement.

Pas de circonstances atténuantes

Un porte-parole de la CPI a confirmé qu'il s'agissait de la peine la plus lourde jamais prononcée par la juridiction, créé en 2002 pour juger les pires atrocités commises dans le monde. Le temps que Ntaganda, détenu à La Haye depuis 2013, a déjà passé en détention sera déduit de sa peine, a précisé la Cour.

Il a notamment écopé de peines de 30 ans pour persécution ainsi que meurtre et tentative de meurtre, les juges l'ayant reconnu coupable d'avoir exécuté un prêtre de ses propres mains. Ils ont également jugé que Ntaganda était indirectement responsable de nombreux autres meurtres en ayant dirigé plusieurs offensives militaires.

Le Congolais a été condamné à une peine de 28 ans pour le viol «systématique» de civils par ses troupes, y compris des fillettes de neuf et 11 ans. Il a de plus reçu une peine de 14 ans pour l'esclavage sexuel d'enfants soldats enrôlés dans ses rangs. Les juges ont déclaré n'avoir trouvé aucune circonstance atténuante, rejetant l'argument de la défense selon lequel Ntaganda, né au Rwanda d'une famille tutsi, était lui-même une victime du génocide rwandais.

(L'essentiel/afp)