Humour déplacé

05 février 2015 12:41; Act: 05.02.2015 15:12 Print

Cristina Kirchner choque en imitant l'accent chinois

Imitant sur Twitter l'accent chinois lors d'une visite diplomatique sino-argentine, la présidente de l'Argentine a déclenché des rires jaunes, à Pékin.

storybild

Le tweet a depuis été supprimé. (photo: DR)

Une faute?

La visite d’État en Chine de Cristina Fernandez Kirchner a été entachée d'un couac très embarrassant: la présidente argentine s'est, dans un tweet fort peu diplomatique, moquée de la façon dont les Chinois prononcent l'espagnol. Mercredi, jour où elle était reçue en grande pompe à Pékin par le numéro un chinois Xi Jinping, Mme Fernandez a diffusé un message très surprenant sur son compte Twitter officiel. «Sont-ils tous de la Campola? Sont-ils venus pour le liz et le pétlole?», a écrit en espagnol la dirigeante. En transformant les «r» de son texte en «l», elle donnait à ces mots une consonance censée évoquer un accent asiatique.

En Argentine, la chef d’État est accusée par ses opposants de gonfler artificiellement le public de certains de ses meetings, avec des membres de la Campora, un mouvement de jeunesse dirigé par son fils Maximo. Ces militants accepteraient de se mobiliser, pour faire la claque, contre un simple sandwich et un coca-cola. D'où l'interrogation narquoise sur le «riz» et le «pétrole». Dans ce tweet se voulant ironique, la présidente se félicitait de la nombreuse assistance à un forum commercial sino-argentin qu'elle a clôturé dans la capitale chinoise. Mme Fernandez a donné l'impression de regretter très vite son tweet, tandis que la sphère Internet s'emballait.

«Désolée», s'est-elle excusée dans un nouveau tweet, en se défendant ainsi: «Seul l'humour permet d'encaisser le ridicule et l'absurde, quand ils atteignent un tel niveau». Mais cela n'a pas suffi à calmer les réseaux sociaux, enflammés par le «faux pas» de la présidente argentine. «Racisme», «manque de tact», «humour éculé», «gaffe», «blague honteuse», «irrespect»... rien n'a été épargné à Mme Fernandez. Et ce n'est pas l'avalanche de tweets qu'elle a publiés dans la foulée, insistant sur «l'accueil chaleureux» qu'elle recevait en Chine, qui a permis de renverser la vapeur.

Les excuses ne suffisent pas

Après que la polémique a pris de l'ampleur, surtout en Occident et particulièrement en Argentine, les internautes chinois sont à leur tour entrés dans la danse. Et ce, même si Twitter est censuré en Chine. «Remarquable, cette façon de venir en Chine quémander des investissements, tout en ridiculisant la population chinoise», a jugé l'un d'entre eux. «Et si vous disiez seulement deux phrases en chinois, qu'on puisse entendre votre prononciation?», a suggéré un autre, s'adressant à la présidente argentine.

Désormais marquée par la controverse, la visite de Cristina Kirchner en Chine se veut centrée sur le commerce et l'investissement. Elle a été reçue jeudi par le Premier ministre chinois, Li Keqiang. La Chine est le troisième partenaire commercial de l'Argentine, derrière le Mercosur et l'Union européenne. Jeudi, la presse officielle chinoise n'a pas rapporté la gaffe de Mme Kirchner. Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a refusé de la commenter.

(L'essentiel/AFP)