En signe de protestation

06 septembre 2017 10:46; Act: 06.09.2017 11:16 Print

Ce prof donne un cours vêtu d'un gilet pare-​​balles

Kevin Willmott a fait sensation devant ses étudiants: ce prof de cinéma est arrivé vêtu d'un gilet pare-balles pour protester contre un règlement permettant de venir en cours armé.

  • par e-mail
Sur ce sujet

«Je me suis dit qu'endosser ce gilet les mettrait mal à l'aise, comme je le suis face à la possibilité qu'ils portent une arme», explique l'enseignant américain de 59 ans. «Quand j'ai débarqué le premier jour, le silence est tombé sur ma classe, ils étaient vraiment surpris», relate-t-il. «Je leur ai dit: eh bien essayez d'oublier que je porte un gilet pare-balles, et moi j'essaierai d'oublier que peut-être l'un de vous porte un calibre 44 Magnum».

Cela fait donc deux semaines que Kevin Willmott enseigne sa matière avec son imposant plastron de protection, un équipement de policier ou militaire. «C'est lourd, c'est un fardeau, mais j'ai décidé de le porter un an en guise de contestation», assure-t-il. Comme les autres professeurs de l'Université du Kansas, Kevin a dû à la rentrée exposer à ses élèves les nouvelles règles en vigueur sur le campus, conformément à une loi adoptée en 2013 par l'État mais mise en application depuis cet été seulement.

Sujet qui divise les États-Unis

Étudiants et membres du corps enseignant ont désormais le droit d'apporter leur arme en cours, tant que celle-ci reste dissimulée sous un vêtement, dans un sac ou un cartable, ou encore dans la boîte à gants d'une voiture. Une mesure «stupide», assène Kevin, qui s'est empressé de rajouter un paragraphe aux recommandations obligatoires: il a autorisé ses étudiants à porter comme lui un gilet pare-balles, s'ils le désirent bien sûr. Le port d'armes autorisé sur le campus trouve sa justification dans l'idée ultracontroversée que, pour lutter contre les fusillades qui endeuillent régulièrement les universités américaines, il faut permettre au public d'y venir armé.

Ce débat, qui ne se pose nulle part ailleurs dans le monde, a suscité des réponses radicalement différentes suivant les États américains. Une quinzaine d'entre eux ont déclaré que les universités étaient des «sanctuaires» où aucune arme à feu ne saurait être tolérée. Une autre grosse vingtaine laissent les établissements d'éducation supérieure décider au cas par cas. Enfin, dix États permettent les armes sur les campus: l'Arkansas, le Colorado, l'Idaho, le Kansas, le Mississippi, l'Oregon, le Tennessee, le Texas, l'Utah et le Wisconsin.

(L'essentiel/AFP)