Brexit

31 mai 2017 12:54; Act: 31.05.2017 12:57 Print

Londres craint le retour de ses retraités

Le service de santé britannique verrait ses coûts s'envoler si les retraités expatriés en Europe ne pouvaient plus être soignés dans leur pays de résidence.

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Le service de santé britannique ferait face à une facture annuelle d'un milliard de livres (1,15 milliards d'euros) si les retraités britanniques expatriés en Europe devaient rentrer au pays et y être soignés après le Brexit, selon une étude rendue publique mercredi. Ce montant est deux fois plus élevé que la somme dépensée chaque année par le Royaume-Uni (573 millions d'euros - 500 millions de livres) pour permettre la prise en charge de ses ressortissants par les systèmes de sécurité sociale des pays de l'Union européenne (UE), a calculé le Nuffield Trust, groupe de réflexion qui a publié l'étude.

Actuellement, environ 190 000 retraités britanniques bénéficient de ce dispositif : grâce au formulaire européen S1, ils peuvent s'installer dans n'importe quel pays de l'Union européenne et recevoir la même prise en charge sanitaire qu'un citoyen local.

De nouveaux hôpitaux

«Si tous les retraités britanniques qui bénéficient actuellement d'une prise en charge sanitaire dans les autres pays de l'UE devaient rentrer au Royaume-Uni, le NHS devrait dépenser un milliard de livres supplémentaire par an», affirme Mark Dayan, l'auteur du rapport. D'après le Nuffield Trust, le retour des retraités britanniques nécessiterait également l'ouverture de deux hôpitaux supplémentaires, soit environ 900 lits, afin de disposer des infrastructures essentielles à leur prise en charge.

«Le NHS a besoin d'un accord (sur le Brexit) qui permette aux retraités expatriés de continuer à recevoir des soins à l'étranger», insiste Mark Dayan. Il souligne également «la dépendance du NHS» à la main d'oeuvre étrangère, pour les médecins comme pour les infirmiers.

Crise dans le secteur de la santé

Si une politique restrictive d'immigration est mise en place après le Brexit, comme le prévoit le gouvernement conservateur, plus de 70 000 postes pourraient se trouver vacants dans les services de santé à l'horizon 2026, souligne l'étude. L'auteur juge également qu'il est «dans l'intérêt des patients britanniques» que le Royaume-Uni reste intégré au «marché européen des médicaments», afin d'assurer les approvisionnements du NHS. Cela nécessitera selon lui «un accord» spécifique.

La Première ministre Theresa May veut sortir le pays du marché commun européen pour reprendre le contrôle de l'immigration. Les négociations de sortie de l'Union européenne avec Bruxelles doivent commencer après les élections législatives du 8 juin au Royaume-Uni. «Je souhaite un accord réciproque, pour que les droits (des retraités britanniques) soient garantis», a déclaré Theresa May, interpellée mercredi par la chaine Sky News sur les conclusions de l'étude.

(L'essentiel/nxp/afp)