Sous haute tension

23 juillet 2021 22:08; Act: 24.07.2021 20:35 Print

Haïti dit adieu à son président assassiné

C’est sous une vigilance renforcée qu’ont eu lieu, vendredi, les funérailles du président d’Haïti assassiné le 7 juillet, Jovenel Moïse. Le pays reste sous forte tension.

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Le cercueil de Jovenel Moïse était porté par des membres des forces armées haïtiennes. (photo: AFP)

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Les Haïtiens rendaient vendredi un dernier hommage à leur président assassiné, Jovenel Moïse, lors de funérailles nationales placées sous haute sécurité dans un pays rongé par les violences et la pauvreté. Prévue pour durer toute la matinée, la cérémonie solennelle se déroulait dans la ville de Cap-Haïtien, la métropole septentrionale d’Haïti. Jovenel Moïse, tué le 7 juillet à son domicile de la capitale, Port-au-Prince, par un commando armé, était originaire du nord du pays.

Cap-Haïtien était relativement calme au matin, après une journée de tension jeudi. Des policiers ont été déployés un peu partout dans les rues. Le cercueil de Jovenel Moïse, recouvert du drapeau national et de l’écharpe présidentielle, était exposé sur une esplanade ornée de fleurs. La dépouille était gardée par des soldats des forces armées d’Haïti. Martine Moïse, la veuve du président, gravement blessée dans l’attaque, était présente, le bras en écharpe après avoir été soignée dans un hôpital de Floride. Le visage barré d’un masque portant une photo de son mari, elle s’est inclinée devant son cercueil.

Des représentants de délégations étrangères, du corps diplomatique et les membres du gouvernement s’étaient succédé auparavant pour lui présenter leurs condoléances. Le président américain Joe Biden a de son côté envoyé une délégation menée par Linda Thomas-Greenfield, l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU, et Daniel Foote, le nouvel émissaire américain pour Haïti. Un bataillon a rendu les honneurs militaires au chef de l’État, qui était âgé de 53 ans, avec notamment l’hymne présidentiel, suivi de l’hymne national. La cérémonie religieuse était dirigée par cinq prêtres.

La veuve du président a rendu un hommage appuyé à son mari, à la fructueuse carrière d’entrepreneur avant son entrée en politique, et a déploré sa fin tragique, «sauvagement assassiné», «abandonné et trahi». «Quel crime as-tu commis pour mériter un tel châtiment?» a demandé l’épouse en deuil, coiffée d’un chapeau noir. «Il connaissait bien les vices de ce système pourri et injuste, ce système auquel peu avant lui ont voulu s’attaquer.» «Il s’est retrouvé du jour au lendemain avec tout le système en bloc, en face de lui», a-t-elle poursuivi, ajoutant toutefois ne vouloir «ni vengeance, ni violence».

(L'essentiel/afp)