Offensive turque

13 octobre 2019 13:31; Act: 14.10.2019 12:41 Print

800 proches de jihadistes ont fui d'un camp de Syrie

Un camp regroupant des proches de membres de l'État islamique se retrouve sans surveillance du fait de l'offensive turque. Les prisonniers en ont profité.

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Le camp (ici en septembre dernier) regroupe des proches des jihadistes. (photo: AFP/Delil Souleiman)

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Les autorités kurdes en Syrie ont annoncé dimanche la fuite de près de 800 proches de jihadistes du groupe État islamique (EI) d'un camp de déplacés, qui ont profité selon elles du chaos sécuritaire créé par l'offensive turque. Les combats dans le nord de la Syrie, près de la frontière turque, continuent de faire rage au cinquième jour de cette offensive qui a entraîné la mort de plus de 150 personnes, dont une cinquantaine de civils, et l'exode de plus de 130 000 personnes.

Dimanche, «785 proches de membres étrangers de l'EI ont fui le camp d'Aïn Issa, a indiqué l'administration kurde. Ils ont attaqué les gardes et ouvert les portes». «Toutes les familles de membres de l'EI ont fui», a indiqué un responsable kurde, Abdel Qader Mouahad, en faisant état «d'émeutes» et de la présence de «cellules dormantes» jihadistes se faisant passer pour des déplacés dans le camp. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une partie des gardiens du camp se sont retirés pour aller épauler les forces kurdes combattant les supplétifs syriens à 10 km de là. Quelque 12 000 combattants de l'EI, des Syriens, des Irakiens mais aussi 2 500 à 3 000 étrangers originaires de 54 pays, sont détenus dans les prisons sous contrôle des Kurdes.

Partenaires incontournables

Avec son offensive militaire, la Turquie cherche à instaurer une «zone de sécurité» de 32 km de profondeur pour séparer sa frontière des territoires aux mains des Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde qualifiée de «terroriste» par Ankara. À la faveur de la guerre en Syrie déclenchée en 2011, la minorité kurde a instauré une autonomie de facto sur de vastes régions du nord et nord-est du pays, le long de la frontière turque. Ces secteurs sont sous le contrôle des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance dominée par les YPG.

Les FDS ont été les partenaires incontournables des Occidentaux, principalement des États-Unis, dans la lutte contre l'EI. Et elles n'ont eu de cesse d'avertir que l'assaut turc risquait d'entraîner une résurgence de l'EI qui profiterait d'un contrôle de sécurité très réduit avec le redéploient des forces kurdes pour combattre les Turcs et leurs supplétifs syriens.

(L'essentiel/afp)