Santé

28 juillet 2018 12:55; Act: 28.07.2018 13:00 Print

Alerte aux faux médecins en Argentine

Les hôpitaux et cliniques d'Argentine sont en état d'alerte: plusieurs cas de Brésiliens, Boliviens ou Argentins exerçant illégalement la médecine sans diplôme, ont été découverts.

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Deux faux médecins brésiliens ont lancé le mouvement.

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Tout a débuté mercredi, quand l'hôpital Angel Marzetti de Cañuelas, près de Buenos Aires, a révélé deux cas. Un homme et une femme, qui avaient fait des études de médecine sans les terminer, ont été mis en examen pour exercice illégal de la médecine. Ils avaient usurpé identité et diplôme de compatriotes et sont désormais poursuivis par la justice en Argentine, mais introuvables, selon les autorités. Ils ont probablement quitté le pays où ils risquent une peine de prison.

Les vérifications dans le même hôpital ont fait tomber quatre autres médecins brésiliens qui n'ont pas présenté toute la documentation requise pour pouvoir continuer d'exercer. Dans leur cas il n'y a semble-t-il pas de fraude constatée, mais une faille du centre hospitalier dans le recrutement des médecins quant aux documents normalement exigés pour les engager. Le directeur de l'hôpital a démissionné.

26 cas dans une province

D'après l'Ordre des médecins de la province de Buenos Aires, qui concentre un tiers des 41 millions d'habitants du pays, 26 cas de médecins exerçant illégalement dans cette province ont été détectés. Soit pour fraude, soit car leur diplôme étranger n'avait pas été revalidé, soit pour ne pas avoir fourni les documents obligatoires.

Parmi les cas les plus marquants, «une médecin bolivienne utilisait la carte professionnelle d'une collègue retraitée et quand on a voulu l'interpeller, elle s'est échappée», a déclaré à l'AFP Rubén Tucci, président du Conseil supérieur de l'Ordre des médecins de la province de Buenos Aires.

A Buenos Aires, un autre citoyen bolivien, de 27 ans, a été démasqué. Il n'avait pas fait d'études de médecine et exerçait dans une Clinique psychiatrique privée. Un Vénézuélien de 34 ans travaillait sous un faux nom et avait présenté le diplôme d'une femme pour faire des gardes dans la Clinique Ángel Pedro Salas, de San Martín, une banlieue de Buenos Aires.

Employeurs «irresponsables»

«Il n'a assuré que trois gardes, relate Rubén Tucci. Nous avons appelé le commissariat et il a été arrêté car il n'avait pas non plus de titre de séjour en règle». «La santé de la population est la priorité absolue et elle est en risque», poursuit le médecin, «c'est irresponsable de la part des directeurs d'établissements d'engager ces gens».

Environ 200 000 médecins exercent en Argentine. Le ministère argentin de la Santé ou les autorités locales responsables des hôpitaux n'ont pas réagi officiellement, malgré la multiplication des cas.

(L'essentiel/afp)