Donald Trump président

09 novembre 2016 18:58; Act: 10.11.2016 09:56 Print

Ce tweet banal est accusé d'avoir tout déclenché

Agacé par les attaques de Trump contre la politique d'Obama sur Twitter, un internaute l'avait mis au défi en 2013 de devenir président. Certains internautes le tiennent pour responsable.

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Nous sommes le 7 février 2013. Sur Twitter, Donald Trump s'adonne sans retenue à son péché mignon: il dégomme la politique de Barack Obama à tout-va, à coups de tirades et de phrases choc. Parmi ce flot d'attaques, une provoque un torrent de réactions contrastées: «Obama peut tuer des Américains selon sa volonté avec des drones mais le waterboarding (NDLR: technique de torture) n'est pas autorisé. Il n'y a qu'en Amérique qu'on voit ça!»

Parmi les twittos outrés, un certain Russell Steinberg sort de ses gonds et provoque le milliardaire avec une vanne relativement banale: «Si vous détestez tant l'Amérique, vous devriez vous présenter à la présidentielle et arranger les choses». Mais cette boutade tape dans l’œil de Donald Trump, qui rétorque, un brin menaçant: «Faites attention!»

Cet échange en apparence banal aurait pu sombrer dans les méandres du web, mais l'Histoire en a décidé autrement, raconte slate.fr. Trois ans plus tard, la candidature du milliardaire à la présidence des États-Unis se concrétise sérieusement. Après le retrait de Ted Cruz et Josh Kasich, l'investiture républicaine semble en effet promise à ce candidat improbable. Nous sommes alors le 3 mai 2016.

C'est ce jour-là qu'un journaliste travaillant pour le site Now This épluche le compte Twitter de Donald Trump et qu'il tombe sur son échange avec Russell Steinberg. Il le diffuse à ses abonnés. Très vite, le malheureux Steinberg se retrouve accusé de tous les maux, et particulièrement celui d'avoir poussé le milliardaire à se présenter. Bien sûr, cet homme n'est pas le seul à avoir encouragé Trump à tenter sa chance, mais seul Steinberg a eu «l'honneur» de recevoir une réponse du principal intéressé. Et c'est bien pour cela que la Toile le tient responsable de la percée surréaliste du sulfureux homme d'affaires.

Des menaces de mort

Pris pour cible sur les réseaux sociaux, Russell Steinberg trouve dans un premier temps toute cette histoire plutôt amusante. Au site The Verge, il explique que les insultes et autres blagues de mauvais goût ont fini par se calmer après quelques semaines. Mais en octobre, des captures d'écran resurgissent sur le web et les réactions des internautes sont de plus en plus virulentes, allant parfois jusqu'à des menaces de mort. «Et il y a beaucoup de gens antisémites à cause de mon nom de famille. Donc ça n'a pas été facile de passer tout ça au crible (...) cela m'a beaucoup perturbé», explique-t-il.

Avant le résultat de l'élection, Russell Steinberg avait décidé de ne pas effacer ce fameux tweet, se disant que de toute façon, les captures d'écran étaient si nombreuses que cela n'y changerait rien. Mais depuis quelques heures, le déferlement de haine, d'insultes et de menaces a redoublé: ne sachant plus à quel saint se vouer, certains internautes ont en effet choisi de tenir Steinberg pour responsable de la victoire de Donald Trump.

Poussé à bout, l'homme a fini par effacer son tweet et a faire part de son ras-le-bol en plusieurs publications: «J'essaie d'éviter une tempête sur Twitter. Tout le monde surgit dans mes mentions pour me dire d'aller me faire foutre: Est-ce que vous avez voté aujourd'hui? Simple question. Les gens vont continuer de s'en prendre à moi parce que c'est ce qu'ils font. Bien. D'une certaine façon je le mérite. Mais je ne vais nulle part. J'ai effacé mon tweet. Notamment parce que j'en avais marre de me faire insulter. C'est l'heure d'aller dormir. Je ne sais pas quoi dire d'autre. Le soleil se lèvera demain et on tentera alors de comprendre».

(L'essentiel/joc)