Au Venezuela

01 mars 2018 08:08; Act: 01.03.2018 13:50 Print

Dans un zoo, des animaux affamés et sacrifiés

Les animaux du zoo de Zulia, dans l'ouest d'un pays plongé dans une profonde crise économique, meurent littéralement de faim.

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Un puma, la peau sur les os, dans le zoo de Zulia au Venezuela. (Mercredi 28 février 2018)

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Des félins avec la peau sur les os, des bêtes sacrifiées pour en nourrir d'autres, des rapaces qui se dévorent entre eux: dans un Venezuela en profonde crise économique, les animaux du zoo de Zulia (ouest) aussi ont faim.

Ces derniers mois, des canards, des cochons et des chèvres du parc, situé dans la ville de San Francisco, ont été tués pour servir de repas à d'autres espèces, ont indiqué des employés du parc à l'AFP. Et les images de deux pumas faméliques, publiées par un journal local, ont choqué, entraînant la fermeture du zoo à la mi-février.

«Tous deux étaient détenus (par un particulier) et faisaient office d'animaux de compagnie. Ils sont arrivés sous-alimentés et se sont bien remis mais avec cette crise, ils ont rechuté, on dirait qu'ils ont rapetissé», assure un de ces employés, sous couvert d'anonymat. Ils ne sont pas les seuls à être affamés: un lion, un tigre du Bengale, un jaguar, plusieurs ocelots et rapaces, tous carnivores, souffrent eux aussi du manque de nourriture, selon la même source. Car dans ce pays pétrolier en plein naufrage économique, jonglant entre les pénuries d'aliments et l'hyper-inflation (13 000% en 2018 selon le FMI), les zoos sont eux aussi victimes de la crise.

Deux condors des Andes - un mâle et une femme - nés en captivité avaient justement été transférés au zoo de Zulia pour suivre un programme de reproduction destiné à sauver leur espèce de l'extinction. Mais ces animaux majestueux, dont l'envergure peut dépasser les trois mètres, ont passé des semaines sans manger à leur faim. Cette même faim a poussé deux Caracaras du nord - des rapaces similaires aux faucons - à dévorer leur compagnon d'enclos. «Un couple de hiboux striés a fait pareil», racontent des employés, déplorant que tous les animaux ont fondu à ce régime forcé: «Le tigre du Bengale était le plus corpulent et le lion, comme il était plus âgé, était assez mince, mais il a perdu du poids aussi».

«Époque sombre»

En quête de nouveaux aliments, les dirigeants du zoo de Zulia ont pensé à la chasse des iguanes sauvages vivant sur place ou encore à la pêche de tilapias dans les lacs de l'enceinte. Mais ce n'est pas suffisant. Et les animaux suscitent la convoitise: en 2016, au moins 40 d'entre eux, dont un tapir, ont été volés, probablement pour leur viande. Dans celui de Caricuao, à Caracas, un cheval a été tué en 2016 pour être mangé. En janvier, les journaux de l’État de Falcon (est) ont signalé le vol de deux cochons sauvages. Au zoo de Bararida, à 250 kilomètres au sud-ouest de Caracas, des bécasses, des paons et des agoutis ont disparu, a indiqué à l'AFP Carlos Silva, vétérinaire du site depuis 13 ans.

Car le salaire minimum, de 797 510 bolivars (25 francs au taux de change officiel, 3,3 au marché noir), suffit à peine pour acheter deux kilos de viande. Une majorité d'habitants ne mangent plus que du riz ou du manioc, selon une étude menée par les principales universités du pays, qui estime que 87% des Vénézuéliens vivent dans la pauvreté. Face à la gravité de la situation, le maire de San Francisco, Dirwings Arrieta, a annoncé la «restructuration» du zoo de Zulia et le début d'opérations pour «désherber, rénover le système d'eau et augmenter les salaires des employés». Aucune référence à la dénutrition des animaux. L'acteur et philantrope mexicain Raul Julia Levy, qui préside une fondation à Malibu (Etats-Unis), a offert, via Twitter, son aide au président Nicolas Maduro.

«Je supplie monsieur le président de me donner l'opportunité de dialoguer. Ma fondation n'est liée à aucun parti. Je veux lui tendre une main amie pour aider les animaux. Nous pouvons les transférer et payer les frais de leur convalescence», a-t-il expliqué à l'AFP par téléphone.

Le docteur Silva est lui désabusé: les zoos du Venezuela vivent une «époque sombre» et «ce qui s'est passé à Zulia ne peut se comprendre que dans des pays en guerre», ce qui n'est pas le cas ici, où «tout cela est à cause de la politique, dont les animaux ne savent rien».

(L'essentiel/nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • la taupe furax le 01.03.2018 08:35 Report dénoncer ce commentaire

    Ils peuvent pas fermer leur zoo mouroir et offrir les animaux à un zoo qui en a les moyens?? C'est horrible qu'on puisse accepter cela dans un pays qui n'est pas en guerre, dans quel monde vit-on ! Et je précise que oui je me préoccupe que des animaux et pas des humains car ces derniers ont toujours la possibilité de fuir et d'émigrer, ce que ces pauvres bêtes enfermées n'ont aucun choix

  • Yumi Bear le 01.03.2018 16:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les attrapés, les enfermés dans le cage et n’est pas capable de les nourrir les pauvre bête!! Alors laissez les partir au lieu de laisser mourir de faim!

  • lora le 01.03.2018 08:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pourquoi ne pas les donner à d’autres zoo de part le monde?

Les derniers commentaires

  • Yumi Bear le 01.03.2018 16:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les attrapés, les enfermés dans le cage et n’est pas capable de les nourrir les pauvre bête!! Alors laissez les partir au lieu de laisser mourir de faim!

  • Gouffre le 01.03.2018 13:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Le Venezuela n'est pas au bord du gouffre, le Venezuela est un état qui se trouve au stade ultime de décomposition avancé où il ne reste plus à ses habitants qu'à manger des racines pour survivre. Et le monde entier regarde ce tragique spectacle comme on le ferait pour un documentaire.

  • Sosa le 01.03.2018 12:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Laisser les quitter leurs prisons et retourner dans la nature... Ils auront sûrement plus de chance de survie

    • euh ou pas le 01.03.2018 17:06 Report dénoncer ce commentaire

      Un animal qui a été "domestiqué" ou "mis en zoo" n'a aucune chance dans la nature malheureusement...

  • 20-100 le 01.03.2018 09:59 Report dénoncer ce commentaire

    Allez maintenant c'est au tour des zoos pour attaquer le Vénézuela. Comme dit le "docteur" Silva, ce qu'il s'est passé ne peut se comprendre que dans des pays en guerre, effectivement le Vénézuela est un pays en guerre depuis que Chavez a bouté dehors les multinationales qui bâfraient sans rien laisser au peuple vénézuélien. Opposition armée -modérée dans la novlangue des médias occidentaux- minorité riche paralysant l'économie... heureusement la remontée du prix du pétrole va donner un peu d'air au pays.

  • la taupe furax le 01.03.2018 08:35 Report dénoncer ce commentaire

    Ils peuvent pas fermer leur zoo mouroir et offrir les animaux à un zoo qui en a les moyens?? C'est horrible qu'on puisse accepter cela dans un pays qui n'est pas en guerre, dans quel monde vit-on ! Et je précise que oui je me préoccupe que des animaux et pas des humains car ces derniers ont toujours la possibilité de fuir et d'émigrer, ce que ces pauvres bêtes enfermées n'ont aucun choix

    • Source le 01.03.2018 14:20 Report dénoncer ce commentaire

      Je vous suis globalement, mais écrire que "les humains ont toujours la possibilité de fuir et d'émigrer" : c'est vite dit