Corée du Nord

17 mai 2018 07:14; Act: 17.05.2018 10:09 Print

Donald Trump temporise face à Pyongyang

Alors que la Corée du Nord a menacé mardi d'annuler le sommet avec les USA, Trump a réagi avec une inhabituelle prudence.

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Donald Trump a préféré temporiser face aux menaces de la Corée du Nord d'annuler le sommet du 12 juin. (photo: AFP/Jim Watson)

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«Nous verrons»: le président américain Donald Trump a réagi mercredi, avec une grande prudence aux menaces de la Corée du Nord d'annuler son sommet à venir avec Kim Jong-un. Après des mois de rapprochement et de détente diplomatique, Pyongyang a opéré mercredi un spectaculaire retour à sa rhétorique traditionnelle, évoquant la possibilité de remettre en cause le face-à-face historique prévu mi-juin à Singapour.

«Rien ne nous a été notifié, nous n'avons rien entendu. Nous verrons ce qui va se passer», a lancé depuis le Bureau ovale, Donald Trump qui, fait notable, s'est abstenu de tweeter sur ce dossier sensible au cours des dernières 24 heures. «Nous verrons», a répété le président septuagénaire qui ne cache pas, depuis plusieurs semaines, son enthousiasme et son optimisme sur l'issue de cette rencontre inédite avec l'homme fort de Pyongyang, de près de 40 ans son cadet.

Pyongyang, qui a annulé une rencontre de haut niveau avec la Corée du Sud pour protester contre des exercices militaires annuels en cours entre Séoul et Washington, a haussé le ton par la voix son ministre adjoint des Affaires étrangères, Kim Kye Gwan. «Si les États-Unis tentent de nous mettre au pied du mur pour nous forcer à un renoncement nucléaire unilatéral, nous ne serions plus intéressés par un tel dialogue», a-t-il lancé.

«Pression maximale»

Washington exige «la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible» de la Corée du Nord. Mais pour l'heure, celle-ci n'a pas rendu publiques les concessions qu'elle propose, hormis des engagements envers la dénucléarisation de la «péninsule coréenne», une formule sujette à interprétation. Par le passé, Pyongyang a exigé le retrait des troupes américaines déployées au Sud pour protéger Séoul de son voisin, de même que la fin du parapluie nucléaire américain sur son alliée.

Sarah Sanders, porte-parole de la Maison-Blanche, a assuré avoir toujours «bon espoir» que le tête-à-tête très attendu ait lieu, tout en soulignant que rien n'était gravé dans le marbre. «Comme le président l'a dit à plusieurs reprises, nous sommes prêts pour cette rencontre, et si elle se produit, c'est très bien, sinon nous aviserons», a-t-elle expliqué sur Fox news, promettant, en l'absence de compromis avec Pyongyang, de «poursuivre la campagne de pression maximale en cours». Le haut diplomate nord-coréen a également tiré à boulets rouges sur le conseiller américain à la Sécurité nationale John Bolton, qui a évoqué le «modèle libyen» pour la dénucléarisation du Nord.

Il s'agit d'une «tentative sinistre d'imposer à notre digne État le destin de la Libye et de l'Irak», a-t-il lancé. Le Nord justifie de longue date ses armes nucléaires par la menace d'invasion américaine. Après avoir renoncé à son programme atomique, le leader libyen Mouammar Kadhafi avait été tué lors d'un soulèvement soutenu par des bombardements de l'OTAN. Le diplomate nord-coréen a par ailleurs balayé la proposition du secrétaire d'État américain Mike Pompeo - qui s'est rendu deux fois à Pyongyang - selon laquelle les États-Unis pourraient apporter une aide économique à la Corée du Nord, en échange de la dénucléarisation.

(L'essentiel/afp)