Piraterie

05 mai 2011 10:34; Act: 05.05.2011 10:50 Print

Escalade de la violence au large de la Somalie

Le jeu du chat et de la souris relativement codifié que se livraient jusqu'à présent pirates et marines internationales au large de la Somalie, tourne à une violente confrontation armée.

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Avec une constante augmentation des attaques depuis quatre ans, les missions navales sous pavillon européen, de l'Otan, américain, chinois ou indien se sont déployées en nombre dans le golfe d'Aden et l'océan Indien. Mais les pirates se sont adapté et ont contourné les obstacles. Ils détiennent actuellement une quarantaine de navires et près de 700 marins, alors que la communauté internationale semble désormais déterminée à faire parler la poudre, au détriment d'une solution plus globale. «Vous ne pouvez pas simplement envoyer davantage de navires de guerre (...). Augmenter les ripostes armées n'apportera pas de succès durable dans la lutte contre les pirates», juge Michael Frodl, directeur de C-level maritime risks consultancy, un cabinet d'analyse de risques.

«Les choses changent, et pas dans le bon sens»

Si des incidents meurtriers ont eu lieu ces dernières années, des règles non-écrites entre protagonistes permettaient de prévenir l'escalade. Mais ces dernières semaines, les marines de guerre privilégient apparemment une approche plus musclée. Elles ciblent en particulier les bateaux-mères - navires capturés et utilisés par les pirates comme des plates-formes avancées pour lancer leurs attaques -, dont une dizaine ont été saisis ou coulés en moins d'un mois.

«Les choses changent, et pas dans le bon sens», estime Abdi Yare, chef pirate de la localité d'Hobyo, l'un des sanctuaires de la flibuste sur la côte nord-est du pays. «Les forces alliées ont déjoué plusieurs tentatives d'abordage, des dizaines de pirates ont été arrêtés et plusieurs tués. Les circonstances vont nous obliger une nouvelle fois à changer nos tactiques», promet ce chef pirate.

3,5 millions de dollars de rançon pour un pétrolier

Ecoterra International, organisation environnementale et d'assistance aux marins, déplore la montée en puissance de ces opérations violentes. «Les règles du jeu ont été modifiées, il y a une volonté d'attaquer les navires otages», explique un responsable d'Ecoterra, qui cite l'exemple du raid manqué sur le Beluga Nomination, mené récemment par la marine seychelloise et l'Otan, au cours duquel trois membres d'équipage ont été tués.

Autre incident révélateur de cette évolution: le 15 avril, les pirates ont libéré contre une rançon de 3,5 millions de dollars un pétrolier indien, le MT Asphalt Venture, mais ont gardé en otage sept des quinze membres d'équipage indiens. Ils exigent désormais la libération de 120 des leurs arrêtés en mer par la marine indienne. «L'Inde est devenue l'ennemi public numéro un pour les pirates», souligne M. Frodl: «voici un pays qui collectionne les prisonniers, ouvre le feu facilement en mer et tue un grand nombre de pirates».

La zone d'action des pirates s'étend

Dès lors que les marines réagissent avec une plus grande violence, les pirates pourraient être tentés de garder à terre quelques-uns de leurs otages comme une garantie contre d'éventuelles actions militaires. La réaction musclée des Indiens pourrait également accélérer l'extension de la zone d'action des pirates vers l'est, vers les Maldives, menaçant de nouvelles voies du commerce maritime mondial. «Le gouvernement indien et les militaires veulent faire passer le message à leurs citoyens qu'ils sont protégés des attaques en mer et depuis la mer», observe M. Frodl, alors que l'opinion publique indienne reste profondément marquée par les attentats de Bombay, qui avaient fait 166 morts en novembre 2008. Les assaillants étaient alors arrivés par la mer depuis le Pakistan voisin, dans un chalutier indien abordé en mer.

L'essentiel Online / (afp)

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