Au Brésil

08 mars 2018 07:44; Act: 08.03.2018 11:51 Print

Esclavage moderne pour des migrants vénézuéliens

Les migrants vénézuéliens qui affluent en masse dans le Nord du Brésil sont parfois victimes d'employeurs peu scrupuleux qui les exploitent.

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Un paysan dans un champ de canne à sucre, au Brésil, le 6 juin 2008 .

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Non seulement ils vivent la plupart du temps dans l'insalubrité, mais les migrants vénézuéliens qui affluent en masse dans le Nord du Brésil sont parfois victimes d'employeurs peu scrupuleux qui les exploitent. E., jeune femme de 27 ans, journaliste de formation, est arrivée l'an dernier à Boa Vista, capitale de l'Etat frontalier de Roraima, en provenance de Caracas, fuyant la crise dans son pays.

En janvier, elle a été embauchée dans un restaurant et était censée toucher le salaire minimum de 954 réais (environ 240 euros) par mois. Mais son patron lui a dit peu de temps après qu'elle ne serait en fait rémunérée qu'avec les pourboires. Deux mois plus tard, E. était même privée de ce modeste pécule: elle ne travaillait que pour de la nourriture.

«Je ne veux pas les dénoncer, au moins, en ce moment, je peux manger»

«Je ne veux pas les dénoncer, au moins, en ce moment, je peux manger», explique la Vénézuélienne, qui partage une chambre avec quatre membres de sa famille. «Il y a beaucoup de vulnérabilité dans cette vague migratoire, surtout à cause de l'insécurité alimentaire», explique Cleyton Abreu, responsable associatif du Service jésuite des migrants et réfugiés de Boa Vista. Plusieurs ONG font état de cas d'agression sexuelle sur le lieu de travail, violence physique et verbale et conditions de travail assimilées à de l'esclavage.

Comme E., d'autres Vénézuéliens vivant à Boa Vista sont contraints d'accepter ces conditions déplorables pour survivre. José Santaella, 58 ans, se trouvait sur une place pour proposer sa main d'œuvre avec d'autres demandeurs d'emploi quand un camion s'est arrêté pour lui proposer du travail dans une ferme. Son employeur lui a promis 600 réais par mois (environ 150 euros), mais au bout d'un mois, un cinquième de son salaire a été retenu sous prétexte de payer son alimentation, composée essentiellement de «haricots noirs et de semoule». Il est parvenu à s'enfuir et à regagner Boa Vista, où il partage une chambre avec sa fille et dix autres personnes. «J'irais travailler à nouveau dans une ferme si on me garantissait un salaire. Je dois aider ma famille au Venezuela mais ici il n'y a pas de travail. Que puis-je faire de plus?».

(L'essentiel/ AFP)

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