Etats-Unis

19 mai 2017 13:58; Act: 19.05.2017 14:03 Print

Fragilisé, Trump entame un voyage périlleux

Le président américain Donald Trump entame ce vendredi un déplacement au Proche-Orient et en Europe qui sera scruté dans le monde entier.

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Donald Trump sera accompagné de sa femme Melania, très en retrait jusqu'ici. (photo: Keystone)

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Ryad, Jérusalem, Bethléem, Rome, Bruxelles, la Sicile: Donald Trump, en difficulté à Washington, entame ce vendredi un déplacement qui sera scruté à la loupe dans les capitales du monde entier. Ce premier voyage est extraordinairement dense - cinq pays en huit jours, une multitude de tête-à-tête, du roi Salmane au pape François en passant par le nouveau président français Emmanuel Macron. Et il s'annonce comme un exercice périlleux pour le dirigeant américain.

L'avalanche de révélations qui ont précédé son départ l'ont mis en position délicate aux États-Unis et ravivé les interrogations sur sa capacité à endosser le costume présidentiel. «Le fait est que personne ne sait comment Donald Trump va se comporter ou ce qu'il va dire dans des réunions de ce type car il ne l'a jamais fait», résume Stephen Sestanovich, du Council on Foreign Relations.L'entourage de l'imprévisible président septuagénaire met en avant un style «amical mais franc», gage d'efficacité dans les relations internationales. Donald Trump, peu friand de longs déplacements, sera accompagné de sa femme Melania, très en retrait jusqu'ici, ainsi que de sa fille Ivanka et son gendre Jared Kushner, qui sont aussi deux de ses plus proches conseillers.

Une «vision pacifique» de l'islam

En politique étrangère, le magnat de l'immobilier a opéré un spectaculaire recentrage par rapport à ses propos de campagne enflammés. Sur le fond, il devra expliquer comment et jusqu'où «l'Amérique d'abord», son slogan favori, est compatible avec le multilatéralisme. Donald Trump «sait que l'Amérique d'abord ne veut pas dire l'Amérique seule, bien au contraire», a lancé son conseiller à la sécurité nationale H.R. McMaster. Mais au-delà d'une formule bien tournée, les interrogations demeurent nombreuses. La Maison-Blanche met en avant un voyage «historique» au cours duquel le président ira à la rencontre des trois grandes religions monothéistes.

À Ryad, où il arrivera samedi, Donald Trump devrait s'attacher à marquer le contraste avec son prédécesseur, qui suscitait la méfiance des monarchies sunnites du Golfe. Discours musclé vis-à-vis de l'Iran chiite, mise en sourdine des questions sur les droits de l'Homme, annonce probable de contrats d'armement: les ingrédients sont réunis pour que l'accueil soit bon.

Mais le président prend un pari risqué en prononçant, depuis la capitale saoudienne et devant plus de 50 dirigeants de pays musulmans, un discours sur l'islam. «Je les appellerai à combattre la haine et l'extrémisme», a-t-il promis avant son départ, évoquant une «vision pacifique» de l'islam.

Polémiques en Israël

En Israël, où il espère pousser l'idée - aux contours encore très flous - d'un accord de paix, Donald Trump retrouvera son «ami» Benjamin Netanyahu à Jérusalem ainsi que le président palestinien Mahmoud Abbas à Bethléem. Le déplacement est déjà entouré d'un parfum de polémique, lié à l'organisation de la visite au mur des Lamentations et à la transmission aux russes d'informations classifiées obtenues de l'allié israélien.

La rencontre avec le pape François au Vatican s'annonce singulière, tant les positions des deux hommes sont aux antipodes, que ce soit sur l'immigration, les réfugiés ou le changement climatique. L'Europe, où Donald Trump a semé la perplexité à coups de déclarations contradictoires sur le Brexit, l'avenir de l'UE ou le rôle de l'Otan, sera la dernière étape de son périple avec le sommet de l'Alliance atlantique à Bruxelles et celui du G7, à Taormina.

Mais, quelles que soient les images fortes qui resteront de son périple, il aura du mal à faire oublier les affaires qui font trembler sa présidence à Washington.

(L'essentiel/AFP)