Génétique

05 septembre 2012 21:28; Act: 06.09.2012 14:19 Print

«L'ADN poubelle» essentiel à tout être humain

Les scientifiques ont fait un grand pas en avant dans la compréhension du génome humain. Ils ont découvert que l'ADN qui ne contient pas de gènes occupe en fait une fonction primordiale dans notre organisme.

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La découverte du rôle de l'«ADN poubelle» pourrait avoir de nombreuses répercussions pour les chercheurs en biomédecine. (photo: AFP)

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Cet ADN poubelle serait en fait une table de contrôle gigantesque, avec des millions d'interrupteurs régulant l'activité de nos gènes en déterminant si ceux-ci doivent être «allumés» ou «éteints», font savoir mercredi les universités de Genève et de Lausanne, toutes deux impliquées dans le projet international ENCODE.

«Notre génome est en vie grâce à ces interrupteurs», explique dans un communiqué Ewan Birney du LEBM-Institut Européen de Bioinformatique (LEBM-IEB) au Royaume-Uni. ENCODE a créé une carte détaillée des fonctions du génome en identifiant plus de 4 millions d'interrupteurs génétiques. ENCODE a réussi à démontrer qu'environ 80% du génome a une fonction active. En clair, la proportion du génome qui est responsable du contrôle de la production des protéines est beaucoup plus importante que la part du génome qui fabrique simplement les protéines, qui représente seulement 2%.

Découverte aux multiples conséquences

«L'analyse de cette nouvelle encyclopédie va sans doute nous occuper pendant plusieurs années, relève dans le communiqué diffusé par les universités de Genève et de Lausanne, Stylianos Antonarakis, directeur du département de médecine génétique et développement de la faculté de médecine de l'UNIGE.

Les données d'ENCODE peuvent être utiles pour tous les chercheurs en biomédecine. Dans la plupart des cas, les scientifiques savent en effet quels gènes jouent un rôle dans une maladie mais ignorent quels interrupteurs sont impliqués. ENCODE leur fournit des pistes très prometteuses, relèvent les deux universités suisses.

Le projet ENCODE est le symbole d'une collaboration internationale à grande échelle. Il a fédéré les efforts de 442 scientifiques dans 32 laboratoires en Suisse, au Royaume-Uni, aux États-Unis, à Singapour et au Japon. Ensemble, ils ont généré et analysé plus de 15 térabytes (15 000 milliards de bytes) de données brutes. Ces données sont maintenant intégralement dans le domaine public. Vu leur masse, les résultats des recherches sont publiés selon une nouvelle méthode dans trente articles interconnectés et en libre accès, dans trois revues scientifiques: Nature, Genome Biology et Genome Reseach.

(L'essentiel Online/ats)