Japon
01 décembre 2017 08:08; Act: 01.12.2017 15:26 Print
L'empereur abdiquera le 30 avril 2019
La date de l'abdication de l'empereur du Japon Akihito, 83 ans, a été fixée au 30 avril 2019.

L'empereur Akihito (à g.) sera remplacé par le prince héritier Naruhito (à d.). (photo: AFP/Kazuhiro Nogi)
L'empereur du Japon Akihito se retirera le 30 avril 2019, a déclaré vendredi, le Premier ministre Shinzo Abe, annonçant la date de la première abdication impériale dans le pays depuis plus de deux siècles.
Diaporama Le Grand-Duc et sa fille au JaponM. Abe s'est dit «profondément ému» de cette décision prise à l'issue d'une réunion spéciale du Conseil impérial organisée pour choisir la date d'abdication. «Le gouvernement fera tous les efforts possibles pour que le peuple japonais puisse célébrer l'abdication de l'empereur et sa succession par le prince héritier», a ajouté M. Abe.
Le fils aîné de l'empereur, le prince Naruhito, âgé actuellement de 57 ans, devrait accéder au trône du Chrysanthème le jour suivant. Le très populaire empereur Akihito, 83 ans, avait choqué le pays l'an dernier lorsqu'il avait exprimé son désir de se retirer, après un règne de près de trois décennies, invoquant son âge avancé et des problèmes de santé.
Cette annonce surprise avait posé problème, car aucun texte de loi au Japon ne prévoyait le départ en retraite d'un empereur, une fonction censée durer à vie. Le débat sur le principe de succession strictement masculin du trône japonais avait aussi été relancé.
Message de paix
En juin dernier, le Parlement japonais a adopté une loi autorisant Akihito à abdiquer en raison de son âge, dans les trois ans à compter de la promulgation du texte. Né le 23 décembre 1933, il est le premier empereur à avoir été intronisé sous la Constitution de 1947, dictée par les États-Unis après la défaite du Japon lors de la Seconde Guerre mondiale.
La Constitution de 1947 précise qu'il est «le symbole de l’État et de l'unité du peuple dont la position découle de la volonté populaire, détentrice du pouvoir souverain». Les empereurs jouent un très grand rôle dans le culte japonais shinto, à travers divers rites annuels et prières pour la prospérité du pays.
Ce frêle octogénaire à la voix douce, héritier de la plus ancienne famille régnante du monde - dont les racines remontent à plus de 2600 ans selon la mythologie, au VIIe siècle après J.C. selon les historiens - , s'est efforcé de se rapprocher des citoyens japonais, auprès de la majorité desquels il jouit d'un immense respect.
Le 16 mars 2011, cinq jours après le séisme et le tsunami qui ont dévasté le nord-est du pays, faisant plus de 18.500 morts et disparus et des centaines de milliers de sinistrés, Akihito s'était ainsi adressé directement aux Japonais via la télévision, une première. Il s'était ultérieurement rendu sur place et tous les Japonais ont en tête des images, impensables du temps des précédents souverains, d'un empereur Akihito et d'une impératrice Michiko à genoux devant les sinistrés dans des refuges, et discutant avec eux avec empathie.
Le 125e empereur du Japon a modernisé par petites touches la fonction, en distillant un message de paix, rejetant le nationalisme de la Seconde Guerre mondiale et se rendant sur les lieux des exactions de l'armée japonaise, de la Chine aux Philippines en passant par les îles de Saïpan et Palaos, accompagné de l'impératrice.
Succession exclusivement masculine
Bien que d'un naturel discret et contraint par ailleurs par la Constitution, Akihito a su pousser les limites lorsqu'il était prince héritier, puis empereur. Il a rencontré Michiko, une roturière, sur un court de tennis et leur mariage en 1959 avait fait sensation dans tout le pays. Il a également laissé entrevoir ses opinions de manière subtile. En août 2015, il avait exprimé de «profonds remords» pour la Seconde Guerre mondiale, au 70e anniversaire de la capitulation du Japon.
Le manque de jeunes héritiers masculins a fait envisager des changements des règles de succession, dont l'autorisation donnée aux femmes d'accéder au trône, une idée cependant abhorrée par les traditionalistes.
Certains ont souhaité que les femmes épousant des roturiers ne perdent plus, comme c'est la cas actuellement, leur titre et ne soient plus exclues de la famille impériale, de sorte que leurs éventuels fils puissent aussi entrer dans l'ordre de succession. D'autres prônent un agrandissement de la famille impériale en y ramenant des membres qui en avaient été exclus après-guerre, mais cette option est jugée irréaliste par divers experts.
(L'essentiel/nxp/ats)
Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.
«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»
Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.
«Comment s’assurer de la validation de mon message?»
Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.
Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?
Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.
«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»
Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Consultez nos annonces immobilières sur le site de L'essentiel









