Course de patinage
07 février 2012 19:02; Act: 07.02.2012 19:13 Print
La Course des 11 cités passionne les Pays-Bas
La mythique course de patinage, avec ses 16 000 patineurs et deux millions de spectateurs, pourrait avoir lieu dans les prochains jours, pour la première fois depuis 1997.
«L'Elfstedentocht («Course des Onze cités», ndlr) est une icône de la culture du patin à glace aux Pays-Bas», assure Marnix Koolhaas, historien du patinage et auteur de plusieurs livres sur le sujet: «cette course est presque comme une religion ici». Tributaire des conditions climatiques, «la Course des Courses», qui n'a pas de date fixe, n'a eu lieu que quinze fois depuis 1909.
L'Association des onze cités frisonnes, organisatrice de la course, avait provoqué l'émoi des Néerlandais en convoquant lundi, pour la première fois depuis 1997, une conférence de presse. «Cela se présente bien» pour cette année, avait assuré le président de l'association Wiebe Wieling, rappelant toutefois que si l'épaisseur de la glace augmente, elle n'a pas encore les 15 centimètres requis: «tout dépend du temps», avait-il lancé. Des centaines de bénévoles sont à l'œuvre depuis lundi en Frise, province septentrionale des Pays-Bas.
L'extrême droite veut un jour férié
Armés de pelles et de balais, ils dégagent la neige qui recouvre les canaux gelés, ralentissant la formation de la glace. «La course est tellement populaire que si on demande de l'aide aux Frisons, elle arrive tout de suite», affirme Wiebe Wieling: «il faut environ 10 000 bénévoles le jour de la course, et il n'y a jamais eu de problèmes pour les trouver». Plusieurs patineurs de vitesse professionnels néerlandais ont déjà annoncé qu'ils renonceraient aux championnats du monde toutes distances les 18 et 19 février à Moscou si l'Elfstedentocht avait lieu ces jours-là.
Le parti du chef de file de l'extrême droite Geert Wilders a lui appelé le Premier ministre Mark Rutte à décréter le jour de la course «fête nationale», et donc jour férié, «pour que tout le monde puisse en profiter». Les hôtels de Frise affichent complets bien qu'aucune date n'ait encore été fixée, selon M. Wieling. Les sites de ventes en ligne néerlandais regorgent d'annonces d'habitants proposant de louer leur logement ou une chambre.
Tradition du XVIe siècle
Le règlement de la course prévoit un départ à partir de 05h15. Les participants doivent franchir la ligne d'arrivée avant minuit pour recevoir la croix de l'«Elfstedentocht», preuve de leur performance. Le détenteur du record avait patiné 200 kilomètres en six heures et quarante-sept minutes en 1985. «L'enfer de 1963», film sorti en 2009, retrace l'édition la plus dure, disputée dans des conditions terribles: seuls 69 des 10 000 partants avaient terminé la course.
L'orteil d'un des participants, amputé après la course car gelé, est exposé au musée de l'«Elfstedentocht», à Hindeloopen (nord).
«La tradition remonte au XVIe siècle, quand les patins en métal ont commencé à se développer», raconte M. Koolhaas: «vu qu'il y avait beaucoup d'eau dans cette région, les patins étaient un moyen de transport efficace en hiver, permettant de relier rapidement les villes de Frise». Au XVIIe siècle, la glace est devenue «l'endroit où tout était permis» pour les Néerlandais, privés de carnaval après la Réforme, poursuit l'historien: «sur la glace, toute le monde était égal». Le prince-héritier des Pays-Bas, Willem-Alexander, alors âgé de 18 ans, avait pris le départ en 1986. Exténué, il était tombé à l'arrivée dans les bras de sa mère, la reine Beatrix.
En 1963
(L'essentiel Online/AFP)
















