Pour Asselborn

07 décembre 2017 07:25; Act: 07.12.2017 07:55 Print

La décision de Trump «met de l'huile sur le feu»

Le président américain a déclenché la colère des Palestiniens et une vague de réprobation - y compris au Luxembourg - en reconnaissant Jérusalem comme capitale d'Israël.

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Les Palestiniens appellent à manifester. (photo: AFP/Musa al Shaer)

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Des Palestiniens ont prévu jeudi un rassemblement à Ramallah en Cisjordanie, territoire occupé par l'armée israélienne depuis 50 ans. La veille, ils étaient des centaines dans la bande de Gaza a avoir brûlé des drapeaux américains et israéliens et des portraits de Donald Trump. Avec cette décision de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, qui était l'une des promesses emblématiques de sa campagne, M. Trump s'isole sur la scène internationale et prend le risque de saper les timides espoirs de reprise des négociations tout en risquant de provoquer une poussée de fièvre dans la région. Même l'Arabie saoudite, traditionnel allié des États-Unis, a fustigé «un recul dans les efforts en faveur du processus de paix et une violation de la position américaine historiquement neutre sur Jérusalem», a fait savoir Ryad dans un communiqué du Palais royal cité par les médias d'État.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a dénoncé des choix «déplorables», jugeant que Washington ne pouvait plus jouer son rôle historique de médiateur de paix avec les Israéliens. Le mouvement islamiste palestinien Hamas a de son côté jugé que cette annonce ouvrait «les portes de l'enfer» pour les intérêts américains dans la région. Les dirigeants palestiniens revendiquent Jérusalem-Est, occupée puis annexée par Israël en 1967, comme la capitale de l'État auquel ils aspirent. Israël proclame tout Jérusalem, Ouest et Est, comme sa capitale «éternelle et indivisible».

«Nouvelle approche»

«Il est temps d'officiellement reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël», a lancé le président américain lors d'une brève allocution au cours de laquelle il a revendiqué «une nouvelle approche» sur ce dossier épineux. «Les États-Unis restent déterminés à aider à faciliter un accord de paix acceptable pour les deux parties», a-t-il martelé, s'efforçant d'adopter une tonalité conciliante après cette décision extrêmement controversée. «J'ai l'intention de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour aider à sceller un tel accord», a-t-il ajouté.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à la tête du gouvernement considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël, a salué un jour «historique» réaffirmant par ailleurs l'engagement israélien à maintenir le «statu quo» sur les lieux saints à Jérusalem. À la demande de huit pays, dont l'Égypte, la France et le Royaume-Uni, une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU a été fixée à vendredi matin. La Jordanie, pays gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem, a dénoncé «une violation du droit international» et de la charte des Nations unies. La Turquie a condamné une décision «irresponsable». L'Iran, bête noire de M. Trump, a jugé que la décision américaine provoquerait une «nouvelle Intifada».

Une décision «regrettable» pour Macron

Le président français Emmanuel Macron a qualifié cette décision de «regrettable» et appelé à éviter à tout prix les violences. «Nous ne sommes pas d'accord avec la décision américaine», a déclaré la Première ministre britannique Theresa May, tandis que l'UE faisait part de sa «sérieuse préoccupation». De son côté, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a indiqué mercredi au Tageblatt que cette décision «mettait de l'huile sur le feu».

Avant même son discours, des dirigeants du monde entier avaient appelé Donald Trump à peser ses mots et mesurer les conséquences de ses actes, tant Jérusalem est un chaudron diplomatique. «Je ne peux taire ma profonde inquiétude», a déclaré le pape François qui ne peut qu'accorder un intérêt tout particulier à la ville qui abrite les lieux les plus saints des trois grandes religions monothéistes, y compris le Saint-Sépulcre.

(L'essentiel/AFP)