Peine capitale en Iran

23 octobre 2013 13:12; Act: 23.10.2013 14:23 Print

La justice épargne le pendu survivant

L'Iranien qui a survécu à une pendaison ne sera pas exécuté une seconde fois. Il se trouve actuellement dans le coma.

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Le ministre iranien de la justice a décidé d'épargner un condamné à mort qui avait survécu à sa pendaison en Iran et risquait une nouvelle exécution. La légalité d'une nouvelle pendaison avait été remise en question par des juristes et par les organisations internationales des droits de l'homme.

Le condamné qui a survécu «ne sera pas exécuté de nouveau», a déclaré mardi soir le ministre Mostafa Pour-Mohammadi, cité par l'agence officielle Irna. Il a sous-entendu qu'une nouvelle exécution serait mauvaise pour la réputation du pays. «S'il survit, il ne serait pas opportun de le pendre de nouveau», a-t-il expliqué.

Peu de chances de survie

Le cas d'Alireza M., un homme de 37 ans condamné à mort pour trafic de drogue et pendu à la mi-octobre, avait suscité la polémique chez les juristes et les religieux iraniens. Certains estimaient que la sentence n'avait pas été appliquée entièrement, d'autres affirmaient qu'une nouvelle exécution serait contraire à la loi.

Le condamné avait passé douze minutes au bout de la corde avant d'être déclaré mort par le médecin de la prison de Bojnourd (nord-est). Le corps avait été transporté à la morgue mais, selon la presse, un employé avait remarqué le lendemain que l'homme respirait encore. Il avait alors été transféré à l'hôpital où il est depuis dans le coma, avec peu de chances de survie.

En vertu de la charia, la loi islamique, en vigueur en Iran, le meurtre, le viol, le vol à main armée, le trafic de drogue et l'adultère sont passibles de la peine capitale. L'Iran, avec la Chine, l'Arabie saoudite et les États-Unis, procède au plus grand nombre d'exécutions dans le monde. Selon Amnesty International, qui avait appelé à épargner le condamné, au moins 508 personnes ont été exécutées depuis début 2013. La République islamique estime que les exécutions sont essentielles pour le maintien de l'ordre et que ce type de sentence n'est appliqué qu'après un processus judiciaire approfondi.

(L'essentiel Online/afp/ats)