Riposte à l'attaque chimique

14 avril 2018 07:41; Act: 14.04.2018 08:00 Print

Les États-​​Unis et ses alliés frappent la Syrie

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont mené samedi des frappes ciblées contre la Syrie pour punir le régime de Bachar el-Assad accusé d'avoir mené des attaques chimiques.

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La défense anti-aérienne syrienne est entrée en action contre «l'agression américaine, britannique et française», a rapporté la télévision d'Etat syrienne. (photo: Keystone/Hassan Ammar)

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Au moment même où le président américain s'exprimait depuis le Maison Blanche, des détonations étaient entendues à Damas, marquant un nouveau chapitre dans ce pays ravagé par une guerre sanglante qui dure depuis sept ans. Selon un correspondant de l'AFP sur place, plusieurs explosions successives ont été entendues suivies par des bruits d'avions tandis que des colonnes de fumée s'élevaient du nord-est de la ville.

«J'ai ordonné aux forces armées des États-Unis de lancer des frappes de précision sur des cibles associées aux capacités du dictateur syrien Bachar el-Assad en matière d'armes chimiques», a lancé M. Trump. «Une opération combinée est désormais en cours avec la France et le Royaume-Uni, nous les remercions tous les deux», a-t-il ajouté. La défense anti-aérienne syrienne est entrée en action contre «l'agression américaine, britannique et française», a rapporté la télévision d’État syrienne.

Une «insulte» à Poutine

Le régime syrien a jugé que cette opération militaire constituait une violation «flagrante» du droit international et était «vouée à l'échec». La Russie, soutien indéfectible du régime de Damas, a vivement réagi par la voix de son ambassadeur aux États-Unis, Anatoli Antonov. «Nos mises en garde n'ont pas été entendues», a-t-il estimé, jugeant que ces frappes étaient une «insulte» au président russe Vladimir Poutine.

«Un coup a été porté contre la capitale d'un État souverain qui a tenté pendant de nombreuses années de survivre au milieu d'une agression terroriste», a écrit en outre sur Facebook la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. Les frappes occidentales contre la Syrie interviennent «au moment où elle avait une chance d'avoir un avenir pacifique», a-t-elle déclaré. Elle se référait au fait que les forces gouvernementales syriennes soutenues par la Russie ont repris ces derniers mois une grande partie des territoires qui étaient tenus par les groupes rebelles.

«Le régime Assad n'avait pas reçu le message»

Selon le général Joe Dunford, chef d'état-major américain, les forces occidentales ont visé samedi à 1h, trois cibles liées au programme d'armement chimique syrien, l'une près de Damas et les deux autres dans la région de Homs, dans le centre de la Syrie. Il a précisé qu'aucune autre opération militaire visant la Syrie n'est prévue à ce stade. Selon lui, les alliés ont pris soin d'éviter de toucher les forces russes, massivement présentes dans le pays, mais que Moscou n'avait pas été averti à l'avance des cibles choisies.

«Il est clair que le régime Assad n'avait pas reçu le message l'an dernier», a déclaré le ministre américain de la Défense Jim Mattis, rappelant la frappe américaine d'avril 2017 sur la base militaire d'Al-Chaayrate, près de Homs, après une autre attaque à l'arme chimique imputée à Damas. «Nous avons été très précis et la réponse était proportionnée, mais, en même temps, ce fut une frappe lourde», a-t-il ajouté, précisant que les forces américaines avaient employé deux fois plus de munitions que l'an dernier.

«Il est temps de s'unir»

Aucune perte américaine n'a été rapportée lors de l'opération, selon le Pentagone. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des centres de recherche scientifique, «plusieurs bases militaires» et des locaux de la garde républicaine à Damas et ses environs ont été pris pour cibles. «Il est temps pour toutes les nations civilisées de s'unir de façon urgente et de mettre fin à la guerre civile en Syrie en appuyant le processus de paix des Nations Unies à Genève», a conclu le ministre américain de la Défense, samedi.

De Londres, la première ministre britannique Theresa May a affirmé qu'il n'y avait «pas d'alternative à l'usage de la force», assurant que «tous les recours diplomatiques» avaient été explorés, en vain. Le ministère britannique de la Défense a annoncé avoir frappé, à l'aide de quatre avions de chasse Tornado GR4 de la Royal Air Force, un «complexe militaire» près de Homs, à l'ouest de la Syrie. Il a parlé d'une opération «couronnée de succès».

«Pas tolérer la banalisation de l'emploi d'armes chimiques»

Depuis Paris, le président français Emmanuel Macron a souligné que les frappes françaises étaient «circonscrites aux capacités du régime syrien permettant la production et l'emploi d'armes chimiques». «Nous ne pouvons pas tolérer la banalisation de l'emploi d'armes chimiques», a-t-il martelé.

C'est l'attaque chimique présumée - le samedi 7 avril à Douma, près de la capitale syrienne - qui est à l'origine des frappes déclenchées dans la nuit de vendredi à samedi après une mobilisation de la communauté internationale, déjà saisie par l'horreur d'une guerre civile qui a fait plus de 350 000 morts depuis mars 2011.

(L'essentiel/afp)