Turquie

14 mai 2018 17:25; Act: 14.05.2018 17:47 Print

Özil et Gündogan «manipulés» par Erdogan?

Dans le cadre de sa campagne électorale, le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est arrangé pour poser avec les internationaux allemands d'origine turque.

Sur ce sujet
Une faute?

«Le football et la Fédération allemande défendent des valeurs qui ne sont pas complètement prises en compte par M. Erdogan», a fustigé le président de la DFB Reinhard Grindel. «C'est pourquoi il n'est pas bon que nos joueurs internationaux se laissent manipuler pour sa campagne électorale. En faisant cela, nos joueurs n'ont certainement pas aidé le travail d'intégration de la DFB».

Lors d'une rencontre dimanche avec le chef de l'État turc, les deux joueurs lui ont remis des maillots dédicacés de leurs équipes respectives, Arsenal pour Özil et Manchester City pour Gündogan. Les photos de la rencontre ont été utilisées sur les réseaux sociaux dans le cadre de la campagne électorale.

L'extrême droite allemande en première ligne

Le président Erdogan a convoqué pour le dimanche 24 juin des élections législatives et présidentielle anticipées. Ces scrutins sont cruciaux, car ils marqueront l'entrée en vigueur de la plupart des mesures renforçant les pouvoirs du chef de l'État adoptées dans le cadre d'une révision constitutionnelle l'an dernier.

La polémique a fait les choux gras du parti d'extrême droite allemand AfD. «Pourquoi Gündogan joue-t-il pour l'équipe nationale allemande, s'il reconnaît Erdogan pour son président?», a écrit la députée Beatrix von Storch.

«Un soutien électoral mal venu»

Son collègue Cem Özdemir, ancien dirigeant des Verts allemands, lui-même d'origine turque, n'a guère été plus indulgent. «Le président d'un footballeur international allemand s'appelle Frank-Walter Steinmeier, sa chancelière Angela Merkel et son parlement le Bundestag, dont le siège est à Berlin et non à Ankara», a-t-il réagi, sollicité par l'agence sportive SID.

Plutôt que ce «soutien électoral mal venu», a poursuivi M. Özdemir, «j'attends des joueurs qu'ils se concentrent sur le football et qu'ils se rappellent des expressions État de droit et démocratie». Les deux joueurs sont nés dans l'ancien bassin minier de la Ruhr, une région qui compte de nombreux Turcs ou personnes d'origine turque arrivés à partir des années 60 en Allemagne.

(L'essentiel/afp)