Honduras

05 décembre 2017 08:54; Act: 05.12.2017 08:59 Print

Pas de président à l'issue du dépouillement

Le Tribunal suprême électoral s'est refusé à prononcer un vainqueur à l'issue du décompte des bulletins de vote.

  • par e-mail
Sur ce sujet

Lundi, les autorités électorales du Honduras ont annoncé avoir enfin fini de dépouiller les bulletins de la présidentielle, à 99,96%, mais ont refusé de désigner un vainqueur en raison de possibles recours. Les résultats donnent le président sortant de droite, Juan Orlando Hernandez, en tête avec 42,98% des voix, contre 41,39% à l'opposant de gauche et présentateur de télévision Salvador Nasralla.

L'opposant de gauche Salvador Nasralla, arrivé deuxième à l'élection présidentielle du 26 novembre au Honduras, a dit lundi rejeter ce résultat, publié par les autorités électorales, et exigé un recomptage de bulletins en raison d'une «fraude» commise selon lui. Le Tribunal suprême électoral lui-même s'est refusé à déclarer l'un des candidats vainqueur alors que les bulletins sont finalement tous dépouillés.

Ajoutant à la confusion, lundi soir, des centaines de policiers ont manifesté pour affirmer leur refus de faire appliquer l'état d'urgence et de réprimer les manifestations de l'opposition.

Nasralla veut recompter

Candidat de l'Alliance d'opposition contre la dictature, M. Nasralla, un présentateur de télévision novice en politique, a déclaré à l'AFP qu'il ne pourra «jamais accepter» ces résultats, qui lui attribuent 41,39% des voix, contre 42,98% pour le président sortant Juan Orlando Hernandez, car «ils ne sont ni officiels ni définitifs».

Il a réclamé que soient recomptés les bulletins d'environ 5 100 procès-verbaux, falsifiés selon lui lors d'une panne informatique, alors que les premiers résultats partiels le donnaient en tête. Les résultats présentés lundi par le Tribunal suprême électoral (TSE), qui a refusé de désigner officiellement un vainqueur en raison de possibles recours, portent sur 99,96% des bulletins dépouillés.

Colère

La lenteur du dépouillement et les accusations de fraude ont provoqué de grandes manifestations de colère et de violence ces derniers jours au Honduras, avec une jeune femme tuée, poussant les autorités à décréter vendredi l'état d'urgence pour dix jours.

Deux policiers ont été abattus par des inconnus dimanche soir, ont annoncé les autorités. Ils patrouillaient en voiture dans le département d'Olancho (est) quand ils ont abordé deux hommes qui circulaient dans un autre véhicule, malgré le couvre-feu imposé par l'état d'urgence, a expliqué à l'AFP le porte-parole de la police, Jair Meza. Au lieu de s'arrêter, les deux hommes leur ont tiré dessus.

La mission d'observateurs de l'Union européenne a appelé lundi les autorités électorales à la prudence: «Le processus électoral est loin d'être terminé. S'il vous plaît, ne proclamez pas de vainqueur, le processus n'est pas terminé», a déclaré la coordinatrice de la mission, l'eurodéputée portugaise Marisa Matias.

Les policiers contre l'état d'urgence

Lundi soir, les membres des «Cobras», les unités de la police anti-émeute, soutenus par d'autres policiers, sont sortis de leurs casernes, situées dans le nord de Tegucigalpa, la capitale, pour signifier leur refus de faire appliquer le couvre-feu et réprimer les manifestants qui protestent depuis la semaine dernière contre le scrutin.

Des centaines d'habitants du voisinage ont accouru pour les applaudir, certains arborant des pancartes portant l'inscription «J'aime la police». «La vérité, c'est que nous ne voulons plus nous battre contre le peuple», a déclaré à l'AFP un des policiers, le visage recouvert d'un passe-montagne.

A 18h locales (2h mardi au Luxembourg), heure de l'entrée en vigueur du couvre-feu, d'autres unités de la police sont arrivées à la caserne des «Cobras» pour leur apporter leur soutien, formant un cortège de motos et de véhicules de patrouille, toutes sirènes hurlantes. «Ce que nous exigeons, c'est que la paix s'installe, que ce problème soit résolu et qu'il n'y ait plus de mort, plus de sang», a ajouté le policier, faisant allusion aux affrontements post-électoraux.

(L'essentiel/nxp/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.