Péninsule coréenne

02 janvier 2018 09:35; Act: 02.01.2018 14:52 Print

Séoul répond à la main tendue de Kim Jong-​​un

La Corée du Sud a accepté de discuter avec son voisin du Nord, notamment au sujet de son éventuelle participation aux JO de Pyeongchang.

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Séoul a proposé de tenir des discussions avec Pyongyang le 9 janvier, dans le village frontalier de Panmunjom. Relations bilatérales et la participation nord-coréenne aux JO d'hiver de PyeongChang seront au menu. (photo: AFP/Jung Yeon-je)

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Séoul a proposé mardi de tenir des discussions à un haut niveau avec Pyongyang, le 9 janvier, dans le village frontalier de Panmunjom. Cette initiative intervient après la main tendue de Kim Jong-un, qui a appelé à une amélioration des relations bilatérales et évoqué une participation aux JO d'hiver en Corée du sud.

Le dirigeant nord-coréen s'est servi de son adresse à la nation du Nouvel An pour répéter que son pays était un État nucléaire à part entière, avertissant qu'il avait en permanence à sa portée le «bouton nucléaire». Mais parallèlement, il a fait une ouverture en direction du Sud en expliquant que Pyongyang pourrait participer aux Jeux de Pyeongchang.

S'asseoir face à face

Le ministre sud-coréen de l'Unification Cho Myoung-Gyon a expliqué lors d'un point presse que Séoul «réitérait sa volonté d'organiser des discussions avec le Nord à tout moment, dans n'importe quel lieu et sous n'importe quelle forme».

«Nous espérons que le Sud et le Nord pourront s'asseoir face à face pour discuter de la participation de la Corée du Nord aux Jeux de Pyeongchang de même que d'autres questions d'intérêt mutuel pour l'amélioration des relations inter-coréennes», a-t-il ajouté.

Depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53), les deux États rivaux sont séparés par la Zone démilitarisée (DMZ), une des frontières les plus fortement armées du monde. Les derniers pourparlers bilatéraux remontent à 2015.

Dénucléarisation

Le président sud-coréen Moon Jae-In, qui a toujours été partisan du dialogue, a salué les propos de son homologue nord-coréen comme une occasion de relancer le dialogue. Il a toutefois souligné que l'amélioration des relations bilatérales devait s'accompagner de mesures en vue de la dénucléarisation.

«Veuillez s'il vous plaît proposer rapidement des mesures pour reprendre les relations inter-coréennes et concrétiser la participation de la délégation nord-coréenne», a-t-il dit à son conseil des ministres. Il y a quelques mois, le président sud-coréen avait proposé de dialoguer via la Croix-Rouge et l'armée, mais Pyongyang avait fait la sourde oreille.

Jeux à 80 km de la frontière

Le Nord a semé l'inquiétude au sein de la communauté internationale en multipliant les tirs de missiles et en menant en septembre son sixième essai nucléaire, le plus puissant à ce jour.

Pyongyang soutient avoir besoin d'armes nucléaires pour se protéger de l'hostilité de Washington alors que M. Kim et le président américain Donald Trump échangent insultes et menaces. Pyongyang, qui cherche à mettre au point une tête nucléaire capable de frapper le territoire continental américain, a essuyé de multiples trains de sanctions de l'ONU. Mais le Nord ne montre aucun signe de vouloir revoir ses ambitions militaires.

JO: «une occasion révolutionnaire pour la paix»

Les commentaires de M. Kim sont la première indication de la volonté du Nord de participer aux Jeux d'hiver, qui se tiennent du 9 au 25 février. Il s'agit, a dit son homologue sud-coréen, d'une «réponse positive à notre proposition de faire en sorte que les JO de Pyeongchang soient une occasion révolutionnaire pour la paix».

Les principales épreuves se tiendront à tout juste 80 km de la zone frontalière entre les deux Corées. Ces derniers mois, les tensions croissantes sur la péninsule ont fait de l'ombre à l'événement sportif.

(L'essentiel/nxp/ats)