Australie

12 septembre 2018 11:48; Act: 12.09.2018 12:41 Print

Une écolière de 9 ans dénonce l'hymne national

Une jeune élève a refusé de se lever pour l'hymne national australien, afin de protester contre ce qu'elle juge être du racisme institutionnel, créant une controverse.

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La petite Harper est soutenue dans sa démarche par ses parents. (photo: dr/Facebook)

Harper Nielsen s'est vu infliger une colle, la semaine dernière, pour s'être abstenue de se mettre debout quand ses camarades ont chanté «Advance Australia Fair», qu'elle accuse d'ignorer l'histoire indigène du pays. «À l'origine, quand l'hymne a été écrit, cela voulait dire faire avancer les blancs d'Australie», a-t-elle expliqué à la chaîne publique ABC. L'hymne commence par ces vers: «Australiens, réjouissons nous, car nous sommes jeunes et libres». Mais selon elle, «quand on dit nous sommes jeunes , on méprise complètement les Australiens indigènes qui étaient là avant nous».

Les premiers colons britanniques sont arrivés en 1788 en Australie, où vivaient les aborigènes depuis des dizaines de milliers d'années. Les aborigènes ne représentent plus que 3% de la population australienne et sont de loin les plus défavorisés, avec en particulier des taux de pauvreté et d'incarcération plus élevés. Ils sont en moins bonne santé que la population générale.

«L'école respecte la volonté de l'élève»

La fillette a dit qu'elle avait pris sa décision seule mais qu'elle s'en était ouverte à ses parents. «Elle a témoigné d'un courage incroyable en défendant ce en quoi elle croit» et en voulant «sensibiliser les gens pour qu'ils réfléchissent au racisme institutionnel», déclaré son père, Mark Nielsen, sur ABC.

Le directeur de l'école a rencontré Harper et ses parents pour trouver d'autres moyens de protester, a expliqué le ministère de l'Éducation de l'État du Queensland. «L'école respecte la volonté de l'élève et a proposé d'autres alternatives, y compris la possibilité de rester devant le hall pendant l'hymne national et de ne pas chanter», selon un porte-parole.

«Sale gosse»

La prise de position de l'élève fait écho aux joueurs de la Ligue américaine de football (NFL) qui mettent un genou à terre pendant l'hymne national pour protester contre les violences raciales aux États-Unis. Elle a en tout cas courroucé des conservateurs et tenants de la droite dure australiens.

L'ancien entraîneur des Wallabies devenu animateur radio, Alan Jones, a estimé que les parents devaient retirer leur fille de l'école si «la règle» ne «leur plaisait pas». La sénatrice Pauline Hanson a qualifié Harper de «sale gosse» en la menaçant sur Facebook d'un «coup de pied au derrière».

(L'essentiel/afp)